La pétition contre la loi Duplomb atteint un tournant historique

Plus de 500 000 signatures pour la pétition contre la loi Duplomb : un record qui pourrait déclencher un débat parlementaire inédit.

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La pétition contre la loi Duplomb atteint un tournant historique
La pétition contre la loi Duplomb atteint un tournant historique © journaldeleconomie.fr

La pétition visant la loi Duplomb a récemment amassé plus de 500 000 signatures (un nombre jamais vu jusque-là), marquant ainsi un tournant dans la mobilisation contre cette nouvelle législation. Cette initiative, lancée sur le site de l’Assemblée nationale, pourrait bien déboucher sur un débat à l’Assemblée, même si elle ne permet pas de relancer directement l’examen du texte.

La loi Duplomb en quelques mots

Adoptée définitivement au Parlement le 8 juillet, la loi Duplomb réintroduit de façon dérogatoire l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes. Même si ce produit est interdit en France, il est toujours autorisé dans l’ensemble de l’Europe jusqu’en 2033. Ce texte répond aux revendications des producteurs de betteraves et de noisettes.

À l’origine de cette pétition, on trouve Éléonore Pattery, une étudiante en master de 23 ans qui se prépare à travailler dans le domaine de la santé environnementale. Elle a lancé son appel public le 10 juillet, seulement deux jours après l’adoption du texte, dénonçant ce qu’elle qualifie d’« aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire ».

Autour de la pétition : critiques et soutiens

Éléonore Pattery ne mâche pas ses mots : elle voit dans la loi une menace pour la santé publique, la biodiversité et les politiques climatiques. Elle demande non seulement l’abrogation immédiate du texte, mais également une révision par la démocratie des conditions dans lesquelles il a été adopté (avec la participation des acteurs de la santé, de l’agriculture, de l’écologie et du droit).

La pétition a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, soutenue par des personnalités comme l’acteur Pierre Niney et plusieurs députés de gauche. Parmi eux, Aurélie Trouvé, députée LFI, s’est dite enthousiasmée par l’ampleur inattendue de cette mobilisation citoyenne. De leur côté, les apiculteurs tirent la sonnette d’alarme en évoquant les effets néfastes du pesticide sur les abeilles.

Vers un débat en Assemblée : réactions et suites

Le seuil atteint permet maintenant d’envisager un débat dans l’Hémicycle. La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale pourrait décider d’organiser cette discussion publique. Pour mémoire, depuis le début de la Ve République, aucune pétition n’avait été soumise à ce type de débat. En attendant, le sujet sera abordé en commission des Affaires économiques, avec une inscription à l’ordre du jour pour le mois de septembre.

Les réactions politiques se multiplient. Les députés de gauche ont saisi le Conseil constitutionnel dès le 11 juillet, arguant que le texte va à l’encontre des principes environnementaux et du droit à la santé. Pendant ce temps, le sénateur LR Laurent Duplomb, auteur de la loi, minimise l’ampleur des critiques en précisant que l’acétamipride ne concernera que 500 000 hectares en France.

Réactions du monde agricole et du pouvoir exécutif

Dans le milieu agricole, le FNSEA se montre inquiet face à cette pétition. Thierry Coué, secrétaire général adjoint du syndicat, souligne que les jeunes générations ignorent souvent les réalités du métier et dénonce « des mensonges persistants ». Pour lui, cette loi résulte de longues tensions dans le monde agricole.

Du côté de l’Élysée, la sensibilité écologique exprimée par les citoyens est reconnue. Le président Emmanuel Macron suit de près l’affaire, tout en mettant en garde contre ce qu’il appelle une « erreur historique » si le gouvernement cède aux demandes du moment.

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