La galère des conditions de travail et de rémunération des livreurs de repas à domicile fait débat depuis un bon moment. Récemment, les critiques à l’encontre des plateformes de livraison se sont multipliées en pointant du doigt le manque de soutien apporté aux travailleurs indépendants. Du coup, Uber Eats a décidé d’agir en instaurant un salaire minimum garanti par course. Même si certains le trouvent encore insuffisant, cette décision marque un tournant pour le secteur en France.
Une première initiative pour soutenir les livreurs
Face aux remarques sur la précarité des livreurs, Uber Eats vient d’annoncer une rémunération minimale de 3 euros par course, avec une application “très rapide”. C’est une première dans le domaine de la livraison de repas à domicile en France, touchant près de 70 % des 65 000 livreurs indépendants qui bossent avec la plateforme. Pour l’instant, le minimum est de 2,85 euros par course.
Cette mesure intervient dans une période économique compliquée, où les revenus des livreurs ont considérablement diminué ces dernières années. Selon l’autorité de régulation du secteur (Arpe), entre 2021 et 2024, le taux horaire brut a chuté de 34,2 % chez Uber Eats, de 26,6 % chez Stuart ainsi que de 22,7 % chez Deliveroo.
En réaction à cette situation préoccupante, Bastien Pahus, directeur général d’Uber Eats pour la France, la Suisse, la Belgique et le Luxembourg, a souligné que « près de 70 % des 65 000 livreurs indépendants de la plateforme bénéficieraient de cette mesure ». Cependant, il faut noter que toutes les courses ne rapportent pas pour l’instant plus de trois euros.
D’autres mesures pour venir en aide aux livreurs
Outre cette rémunération améliorée par course, Uber Eats a annoncé un investissement total de deux millions d’euros pour améliorer la santé et la sécurité des livreurs. Parmi les actions prévues, la location mensuelle d’un vélo électrique via Zoomo est repassée de 140 euros à 70 euros. Par ailleurs, une centaine de restos parisiens vont offrir des « kits d’équipements de sécurité » qui comprennent un casque, des éclairages pour le vélo, un brassard ainsi qu’un gilet haute visibilité.
Les restaurants signataires d’une charte d’engagement vont aussi permettre aux livreurs d’utiliser leurs toilettes. Enfin, Uber Eats s’engage à financer « l’accès à une formation professionnalisante » pour quelques dizaines de coursiers, dans des domaines variés comme la logistique ou la restauration.



