À compter du 1er octobre 2026, la durée maximale des arrêts de travail accordés à certains patients en affection de longue durée (ALD) passera de trois ans à un an, confirme Midi Libre. Cette réduction, prévue par deux décrets consultés par BFM Business, vise spécifiquement les patients relevant du statut d’ALD dite non exonérante.
Cette catégorie regroupe les affections nécessitant une interruption de travail ou des soins d’une durée prévisible supérieure à six mois, mais qui n’ouvrent pas droit à la suppression du reste à charge après le remboursement de base de la Sécurité sociale.
Contrairement aux cancers, au diabète ou à l’insuffisance cardiaque, ces pathologies ne donnent pas accès à la prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale : les patients sont indemnisés selon les règles de droit commun. Une fracture de l’épaule compliquée par une infection, un trouble dépressif léger consécutif au décès d’un proche, ou encore un trouble musculo-squelettique figurent parmi les exemples cités.
Il n’existe aucune liste officielle : c’est le courrier de notification de l’Assurance maladie qui qualifie, au cas par cas, le type d’ALD dont relève chaque patient.
Les patients en ALD exonérante, eux, conservent leur plafond actuel de trois ans, ainsi que leur prise en charge à 100 % des bases de remboursement, hors dépassements d’honoraires.
Les deux textes ont été soumis pour avis aux instances consultatives du Conseil national de l’Assurance maladie. La réforme ne se limitera pas aux arrêts prescrits après le 1er octobre 2026 : elle s’appliquera aussi aux arrêts déjà en cours dont la durée atteindra six mois à cette date.
Un tour de vis après le plafonnement à un mois
Cette mesure fait suite à une décision antérieure limitant les arrêts de travail classiques à un mois maximum, entrée en vigueur le 1er septembre 2026 dans le cadre du budget de la Sécurité sociale. Le gouvernement avait aussi abaissé, en 2025, le plafond des indemnités journalières de 1,8 à 1,4 Smic, et durci en 2024 les règles encadrant les arrêts prescrits par téléconsultation.
En avril 2026, le ministère de la Santé avait déjà présenté un plan de lutte contre l’absentéisme au travail, ciblant les troubles anxieux dépressifs et musculo-squelettiques. Ce plan envisageait l’instauration d’un deuxième avis médical obligatoire avant toute prescription d’arrêt, piste qui pourrait être débattue dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait prévenu de cette réduction de durée. Dans un entretien accordé au Parisien le 29 août 2026, il a réaffirmé sa volonté d’enrayer l’envolée des arrêts de travail, estimant que trop d’abus abîme l’accompagnement des arrêts de travail de ceux qui sont vraiment malades.
En 2025, les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux personnes en arrêt de travail ont atteint 12,1 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 5,8 milliards d’euros au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles. Selon le magazine Capital, ces dépenses cumulées ont progressé de 65 % en dix ans.
Les médicaments à faible service également touchés
Un décret du 17 avril 2026 prévoit qu’à partir du 1er octobre 2026, les médicaments jugés par les autorités de santé comme rendant un service faible ne seront plus remboursés à 100 % pour les personnes en ALD. Leur taux de remboursement passera à 15 %, soit le même niveau que celui appliqué aux patients hors ALD.
- Sont notamment concernés le Gaviscon, utilisé contre le reflux gastrique,
- le Zovirax, antiviral topique prescrit contre l’herpès,
- la Bétadine, antiseptique courant,
- et le Spasfon, prescrit contre les douleurs digestives et menstruelles.





