Les stocks d’eau minérale en bouteille détenus par les grandes surfaces tunisiennes ont été entièrement écoulés. C’est Hédi Baccour, président de la Chambre syndicale des grandes surfaces en Tunisie, qui l’a annoncé le mardi 28 juillet 2026, dans un entretien accordé au média local Express FM. Selon lui, la situation traduit une véritable tension dans l’approvisionnement.
Les quantités livrées aux magasins sont vendues presque aussitôt, tant la demande explose avec les fortes chaleurs qui frappent le pays. La Tunisie traverse un été marqué par une canicule persistante, doublée de coupures d’eau et d’électricité à répétition, un contexte qui a fait bondir la consommation d’eau conditionnée dans tout le pays.
Des usines ralenties par les coupures de courant
D’après Hédi Baccour, les coupures répétées d’électricité perturbent directement le rythme de production des unités industrielles d’eau minérale, rapporte La Presse. Ces interruptions peuvent aussi endommager certains équipements des usines.
Autre contrainte, moins connue du grand public : une fois produite, l’eau ne peut être mise sur le marché avant un délai de 48 heures, le temps de garantir sa conformité aux exigences sanitaires. Ce délai technique, incompressible, retarde d’autant le retour des bouteilles dans les rayons. Baccour se dit toutefois confiant dans une amélioration progressive de l’approvisionnement, dès que les usines retrouveront leur rythme normal.
Les grandes surfaces elles-mêmes ne sont pas épargnées par les coupures de courant. Certains produits alimentaires nécessitant une chaîne du froid ininterrompue risquent de se détériorer lors de ces interruptions.
Lassaad Mzah, président de la chambre nationale des boissons non alcoolisées, a livré une explication plus détaillée lors d’une intervention à la radio. Selon lui, les tensions observées dans la distribution découlent de la conjonction entre une hausse exceptionnelle des températures et des coupures d’électricité ayant affecté plusieurs unités de production, avec des relevés dépassant de près de 10 °C les normales de saison.
Résultat, la demande en eau conditionnée a bondi d’environ 30 % par rapport à une consommation estivale déjà habituellement deux à trois fois supérieure à celle de l’hiver. À l’échelle du pays, la consommation annuelle dépasse 1,2 milliard de bouteilles.
Des stocks de réserve avaient pourtant été constitués en amont par les producteurs, en coordination avec l’Office du thermalisme et des eaux minérales et le ministère du Commerce, pour anticiper ce pic estival. Ils se sont révélés insuffisants face à l’ampleur de la demande, les coupures de courant ayant provoqué l’arrêt ou le ralentissement de plusieurs usines et creusé le déséquilibre entre l’offre et la demande.
Mzah annonce un retour à l’équilibre d’ici une semaine. Une coordination continue est par ailleurs en cours avec le ministère du Commerce pour acheminer les volumes nécessaires vers les zones les plus touchées, en particulier les régions du Sud. Il appelle par ailleurs les citoyens à éviter les achats de panique et à s’approvisionner selon leurs besoins réels, pour que les grandes surfaces puissent servir tout le monde.
Il a également tenu à clarifier un point : l’eau de source, une appellation provisoire attribuée aux unités de conditionnement récemment entrées en production, est soumise aux mêmes normes de contrôle que l’eau minérale classique, et reste tout aussi propre à la consommation.



