Avec l’arrivée de nouveaux épisodes de vague de chaleur, climatiseurs et ventilateurs deviennent difficiles à trouver dans de nombreux foyers. Les températures caniculaires grimpent et les rayons se vident, une situation qui s’ajoute à une sécheresse persistante et pose la question de l’adaptation des commerçants à ces pics de demande.
Une demande qui a explosé sans prévenir
Les vagues de chaleur se sont enchaînées en un mois, avec l’alerte canicule déclenchée dans 16 départements dès ce lundi. Les Français trouvent des rayons vides, les commerçants n’ayant pas anticipé une telle affluence.
Les vendeurs avaient passé leurs commandes durant l’hiver dernier. La demande a bondi dès la fin du mois de mai, et les prévisions se sont retrouvées largement dépassées par la consommation réelle de l’été.
Yves Guilhot, expert chez FSO Management, résume le problème sur Europe 1 : « Il y a une inadéquation entre les prévisions des ventes et la consommation réelle. Ce sont des délais assez longs d’approvisionnement par bateau, entre 6 et 10 semaines. Quand vous avez fait une erreur d’estimation de la consommation, vous ne pouvez rectifier votre erreur que 10 semaines plus tard. »
Les difficultés de la chaîne d’approvisionnement
95 % des climatiseurs vendus en France viennent d’Asie, par bateau, avec un délai de 6 à 10 semaines. Ce délai empêche tout réapprovisionnement rapide en cas de pic de demande.
Les commerçants hésitent donc à surcommander : en cas d’erreur, ils se retrouvent avec des stocks invendus à garder pendant un an, avec des coûts de manutention, de stockage et d’assurance. Selon Yves Guilhot, une commande excessive peut faire chuter la marge de 15 %.
Les plateformes de commerce en ligne annoncent, elles, des livraisons au mieux d’ici la fin de l’été. Les commandes publiques, des « dizaines de milliers de climatiseurs » pour les hôpitaux, les EHPAD et les écoles, viennent en plus vider les stocks disponibles.
Ce que ça change pour le marché et les consommateurs
Les prix ont grimpé. Depuis début juillet, le prix moyen d’un ventilateur sur pied a augmenté de 46 %, pour dépasser 120 €, contre moins de 90 € en juin.
Chez Leroy Merlin, Fnac Darty et Carrefour, les clients affluent et acceptent de payer plus cher, avec de longues files d’attente dès l’ouverture des magasins.
Christelle Boquillon, cheffe de produit chez Fnac Darty, compare cette période à « l’effervescence d’un Black Friday ». Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour, évoque de son côté une affluence parfois « mille fois plus importante qu’une journée normale ».
Anticiper pour mieux protéger
Face à cette situation, les autorités rappellent les gestes de vigilance contre la canicule, en particulier pour les personnes sans climatisation : boire de l’eau régulièrement, éviter le sport intensif et rechercher la fraîcheur.
Cette pénurie de climatiseurs et de ventilateurs touche autant les commerçants que les foyers les plus exposés à la chaleur. Elle montre les limites d’une chaîne d’approvisionnement pensée pour une demande stable, alors que les épisodes caniculaires se multiplient d’une année sur l’autre.



