Des tarifs jamais vus dans la téléphonie mobile
Les consommateurs français ont de quoi se réjouir. La bataille féroce entre les opérateurs télécoms pour attirer les abonnés se traduit par des offres de plus en plus alléchantes. Selon une récente enquête du courtier Ariase, le coût mensuel moyen d’un forfait mobile avec appels illimités et plus de 10 gigaoctets de données est tombé à 12,93 euros en juin. Il s’agit du tarif le plus bas depuis la création de cet observatoire en décembre 2019, et une nette diminution par rapport aux 17,34 euros enregistrés en janvier.
Cette tendance est portée par des baisses de prix significatives de la part des opérateurs. Bouygues Telecom a récemment réduit son forfait d’entrée de gamme d’un euro, tandis que SFR a baissé le tarif de toutes ses marques bas de marché d’environ cinq euros. L’opérateur au carré rouge propose désormais un abonnement 5G sans engagement à 19,99 euros par mois, contre 35 euros auparavant. Cette offensive tarifaire est une réponse directe à la perte de près d’un demi-million d’abonnés mobiles au premier trimestre, une hémorragie qui profite directement à ses concurrents comme Free, qui a gagné 212.000 abonnés sur la même période.
L’impact de la guerre des prix sur le marché des télécoms
Si cette guerre des prix fait le bonheur des consommateurs, elle soulève des questions sur la viabilité d’un marché à quatre opérateurs. Les investissements dans les réseaux mobiles restent importants, avec 3,6 milliards d’euros dépensés par les opérateurs en 2023 pour améliorer leur couverture 4G et 5G, un montant similaire aux années précédentes. Pourtant, ces efforts semblent insuffisants pour garantir une stabilité à long terme.
Orange, par exemple, milite pour une consolidation du marché et appelle la Commission européenne à faciliter cette démarche. « L’histoire a démontré que pour forcer une consolidation, dans le cas où les propriétaires actuels d’Altice France [maison-mère de SFR, Ndlr] envisageraient de partir, il faut une guerre de prix », expliquent les analystes d’Oddo BHF. Cette situation pourrait raviver le débat sur un retour à trois opérateurs en France, une configuration jugée plus pérenne par certains experts du secteur.
L’enjeu pour les opérateurs est de trouver un équilibre entre des prix attractifs pour les consommateurs et des investissements durables dans les infrastructures. Alors que le déploiement de la fibre touche à sa fin, les réseaux mobiles restent un champ de bataille essentiel. La question demeure : cette guerre des prix actuelle mènera-t-elle à une reconfiguration du marché télécom en France ?

