Le 29 octobre 2025, Nvidia est entrée dans l’histoire de la Bourse américaine en devenant la première entreprise au monde à dépasser les 5000 milliards de dollars de valorisation boursière. Portée par un engouement inédit autour des processeurs dédiés à l’intelligence artificielle, la firme fondée à Santa Clara confirme son statut d’acteur central de l’économie numérique. Selon RFI, cette performance a été atteinte au moment où son action bondissait de près de 5 % à Wall Street, traduisant la confiance quasi-unanime des investisseurs.
Une ascension fulgurante alimentée par l’intelligence artificielle
Le franchissement du seuil des 5000 milliards de dollars par Nvidia marque un nouvel épisode d’une ascension boursière sans équivalent récent. À l’ouverture des marchés new-yorkais, le titre s’envolait de 5,45 % à 211,99, ce qui a porté la valorisation boursière du groupe à 5 100 milliards de dollars, selon l’AFP, citée par Le Matin. Cette progression spectaculaire, soutenue par une croissance de 60 % du cours de l’action depuis le début de l’année, illustre la frénésie suscitée par les puces d’intelligence artificielle conçues par Nvidia.
« Nvidia continue d’être le moteur de l’optimisme des investisseurs (…) en raison du potentiel de croissance qu’elle présente », souligne Sam Stovall, analyste chez CFRA Research, cité par l’AFP. De fait, les cartes graphiques de la société sont devenues les composants essentiels des infrastructures d’apprentissage automatique, des data centers aux supercalculateurs. Cet engouement technologique a entraîné une hausse continue de la valorisation boursière, propulsant Nvidia au-delà d’Apple et de Microsoft.
Cependant, cette progression vertigineuse soulève aussi des interrogations. Selon le même analyste, « les valorisations sont très élevées et les actions pourraient donc être vulnérables à toute mauvaise nouvelle ». Un avertissement prudent dans un marché où les investisseurs misent sur une croissance exponentielle du secteur, sans toujours mesurer les risques liés à la volatilité technologique. Néanmoins, pour l’instant, Nvidia semble bénéficier d’une dynamique difficile à freiner.
Un symbole du basculement économique vers l’ère de l’IA
En franchissant la barre des 5000 milliards de dollars de valorisation boursière, Nvidia devient non seulement la première entreprise à atteindre ce niveau, mais aussi le symbole du basculement vers une économie guidée par l’intelligence artificielle. Selon The Guardian, la société n’avait franchi le seuil des 4000 milliards que trois mois auparavant, preuve d’une accélération inédite. Avec environ 24,3 milliards d’actions en circulation, sa capitalisation dépasse désormais le PIB combiné de plusieurs grandes économies émergentes.
L’Economic Times précise que l’action Nvidia a grimpé de 4,6 % en séance à Wall Street, consolidant ainsi une position dominante dans le secteur des semi-conducteurs. Cette performance, jugée « extraordinaire » par plusieurs observateurs du Nasdaq, s’appuie sur une demande mondiale exponentielle de processeurs graphiques destinés aux applications d’IA générative, à la recherche scientifique et au cloud computing.
Derrière ce succès, un nom domine : Jensen Huang, fondateur et directeur général de Nvidia. Selon Les Numériques, ce dernier a récemment assuré qu’« il n’y a pas de bulle spéculative » autour de l’intelligence artificielle, estimant que le marché « ne fait qu’entamer sa transformation ». Son discours, à la fois confiant et mesuré, renforce la crédibilité du groupe auprès des investisseurs institutionnels, tandis que ses partenaires industriels — Microsoft, Amazon ou Google — multiplient les accords stratégiques pour s’assurer un accès privilégié à ses puces.
Les marchés face à une valorisation historique et à de nouveaux équilibres
Pour Reuters, cette valorisation boursière de 5,05 trillions de dollars établit un nouveau standard mondial, plaçant Nvidia bien devant Apple et Microsoft, qui oscillent autour de 3 700 à 4 000 milliards de dollars. Ce record témoigne d’un basculement durable : l’innovation dans l’intelligence artificielle est désormais perçue comme le principal moteur de croissance des marchés financiers.
Selon Business Insider, Nvidia bénéficie d’un avantage concurrentiel unique : ses puces H100 et Blackwell dominent le marché mondial de l’IA, captant plus de 80 % des commandes des data centers. Ce quasi-monopole, combiné à la pénurie de semi-conducteurs avancés, renforce mécaniquement la perception de rareté et soutient la valorisation boursière du groupe.
Dans le même temps, Agefi rappelle que les actions Nvidia avaient déjà progressé de 60 % sur l’année, un rythme que peu d’analystes jugent soutenable à long terme. Malgré ces réserves, la trajectoire reste impressionnante : en moins de deux ans, la capitalisation a été multipliée par plus de quatre, un rythme inédit depuis la bulle Internet du début des années 2000.


