Retraite : Lombard refuse tout « tabou » sur l’abattement fiscal

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Retraite : Lombard refuse tout « tabou » sur l’abattement fiscal © journaldeleconomie.fr

Le gouvernement engage une réflexion budgétaire étendue sur les dispositifs fiscaux liés aux pensions. En ligne de mire : l’abattement de 10 %, dont bénéficient actuellement la majorité des retraités. Entre enjeux d’équilibre des finances publiques et justice fiscale intergénérationnelle, les contours d’une éventuelle réforme se précisent.

Le scénario d’une suppression ouvertement envisagé

Interrogé le mercredi 16 avril 2025 sur Franceinfo, Éric Lombard, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, a déclaré : « Il n’y a pas de tabou. Le sujet est sur la table, pour le moment le gouvernement pose la question ». Cette déclaration intervient dans le contexte d’un plan d’économies annoncé par le Premier ministre François Bayrou, visant à réduire le déficit public de 5,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025 à 4,6 % en 2026, soit un effort chiffré à 40 milliards d’euros (de plus que prévu).

L’abattement fiscal de 10 %, créé par le gouvernement de Raymond Barre en 1978, est plafonné en 2025 à 4 399 euros par foyer fiscal pour les revenus de l’année précédente, avec un minimum de 450 euros par personne. Il concerne environ 14 millions de foyers percevant des pensions de retraite. La suppression totale du dispositif pourrait générer un gain budgétaire estimé entre 4 et 5 milliards d’euros par an, selon les analyses du Conseil d’orientation des retraites (COR) et du ministère de l’Économie.

Jusqu’à 8,5 millions de contribuables retraités concernés

Même son de cloche du côté du ministre délégué à l’Industrie, Ferracci, qui a précisé, mardi 15 avril 2025, lors d’une interview sur France Inter, que « l’abattement fiscal pour les retraités fait partie des pistes crédibles ». Il a rappelé que cette niche fiscale repose sur la logique d’une compensation pour frais professionnels, aujourd’hui inadaptée à la réalité des pensionnés. Dans le scénario d’une suppression sans mécanisme de correction, environ 500 000 retraités actuellement non imposables le deviendraient, et 8,5 millions de contribuables déjà imposés subiraient une augmentation d’impôt.

La Fédération nationale des associations de retraités (Fnar), par la voix de son président d’honneur Sylvain Denis, a déclaré dans un entretien à Franceinfo publié le mardi 15 avril 2025 : « Pas de tabou, dans la mesure où tout le monde contribue. Mais il serait choquant de viser seulement les retraités ». Plusieurs syndicats – dont la CGT, la FSU, Force ouvrière et Solidaires – alertent également sur les effets secondaires d’une telle mesure. L’UFC-Que Choisir quand à elle met en avant les conséquences indirectes : hausse du revenu fiscal de référence, perte de la contribution sociale généralisée (CSG) à taux réduit, perte d’éligibilité à MaPrimeAdapt’, suppression du chèque énergie.

Dans un rapport publié par le Conseil des prélèvements obligatoires en mars 2025, la suppression partielle de l’abattement – par exemple en abaissant son plafond à 3 000 euros – est évoquée comme une alternative ciblée, permettant de préserver les retraités aux pensions modestes tout en réduisant l’avantage accordé aux hauts revenus.

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