Alinéa en redressement judiciaire
La crise pointe dans le secteur de l’ameublement. L’enseigne Alinéa, fondée en 1989 à Avignon et passée depuis dans le giron du groupe Mulliez, a déclaré la cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Marseille. En retour, une procédure de redressement judiciaire a été ouverte. La trentaine de magasins Alinéa répartie partout en France ont subi de plein fouet les récentes crises qui ont secoué l’économie française : d’abord les « gilets jaunes » en 2018, puis le mouvement social contre la réforme des retraites l’année suivante. Enfin, il a fallu faire face au confinement et à la suspension de l’activité.
L’enseigne a mis en place des mesures pour continuer à vendre des meubles, comme un système de drive, et misé sur le commerce en ligne. Mais malgré ces efforts de dernière minute, le chiffre d’affaires a plongé : les magasins n’ont pu sauver que 15% de leurs revenus. Dans ces conditions, impossible de redresser la barre : la direction a préféré se placer sous la protection du tribunal de commerce de Marseille, qui a fixé une période d’observation jusqu’au 13 novembre. Alinéa emploie 2.200 salariés.
Conforama en attente d’un prêt garanti par l’État
Autre marque emblématique du secteur de l’ameublement en difficulté : Conforama. L’enseigne aurait beaucoup de mal à décrocher un prêt garanti par l’État, selon FO, la CGT et la CFE-CGC. BNP Paribas serait à l’origine du problème : la banque aurait refusé de participer à une réunion mi-mai du comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), indispensable pour obtenir un prêt garanti. Malgré une garantie de l’État portée de 80% à 90%, la BNP Paribas continuerait à exiger des garanties très importantes.
La banque se défend des accusations des syndicats et explique avoir accepté de participer aux échanges à la demande du CIRI. À ce jour, la banque a traité plus de 51.000 demandes de prêts garantis par l’État et alloué 12,4 milliards d’euros. Conforama a besoin de ce prêt pour financer le plan de sauvegarde de l’emploi homologué le 27 février dernier. Il concerne 1.900 salariés sur des effectifs de 9.000 en France.


