Optimisation fiscale : pourquoi les gros patrimoines risquent d’être dans le viseur

Les finances publiques françaises sont en danger ! Avec la dégradation de la note de la dette par Fitch, le nouveau Premier ministre doit agir vite.

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Optimisation fiscale : pourquoi les gros patrimoines risquent d’être dans le viseur
Optimisation fiscale : pourquoi les gros patrimoines risquent d’être dans le viseur © journaldeleconomie.fr

Le 15 septembre 2025, la question de remettre de l’ordre dans les finances publiques françaises est sur toutes les lèvres, surtout après la dégradation récente de la note de la dette par l’agence Fitch. La situation économique est tendue, et avec la nomination toute récente du nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, on se retrouve face à des défis redoutables pour stabiliser l’économie nationale.

Les défis d’aujourd’hui, entre économie et politique

François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, n’a pas mâché ses mots. Il s’inquiète des chamailleries politiques qui pourraient freiner les efforts de redressement budgétaire. « La vérité, c’est qu’il n’y a jamais d’impôt indolore », affirme-t-il, soulignant que l’État, les collectivités locales et la Sécurité sociale doivent tous s’y mettre. Cette remarque tombe à pic, trois jours après la révision à la baisse de la note par Fitch.

La nomination de Sébastien Lecornu comme Premier ministre le 9 septembre 2025 change la donne. Chargé de préparer un budget avant la mi-octobre 2025, il doit s’assurer que ce budget soit adopté avant la fin de l’année pour éviter une crise gouvernementale. Dans ce décor, François Villeroy de Galhau propose d’introduire des mesures fiscales ciblées sur les hauts patrimoines pour le budget 2026, afin que chacun juge l’effort comme équitable, tout en améliorant la compétitivité économique.

Mesures fiscales proposées et objectifs budgétaires

François Villeroy de Galhau propose notamment de lutter contre l’optimisation fiscale chez les hauts patrimoines. Ces mesures seraient mises en place de manière temporaire, le temps que le déficit public descende sous 3 % du PIB d’ici à 2029. L’idée est de redonner confiance aux acteurs économiques et d’éviter une nouvelle dégradation de la note par les agences.

L’effort prévu se répartirait en grande partie sur la maîtrise des économies budgétaires, qui représentent les trois quarts du total, tandis que le quart restant viendrait de mesures fiscales ciblées et exceptionnelles. Il est prévu que ces actions ne touchent pas les classes moyennes ni les petites et moyennes entreprises (PME). On évoque aussi la mise en place de la taxe Zucman, destinée aux très hauts patrimoines.

Perspectives économiques et consultations en cours

Les prévisions économiques révisées annoncent une croissance modeste mais positive, avec un taux prévu à 0,7 % pour 2025, un peu mieux que ce qui était attendu. Cette légère accélération est soutenue par des variations de stocks, un moment de déstockage, puis un rebond des exportations au troisième trimestre 2025. Pour 2026 et 2027, la croissance est envisagée respectivement à 0,9 % et 1,1 %.

Dans cette ambiance économique compliquée, Sébastien Lecornu est en pleine session de consultations intensives pour préparer un projet de budget ambitieux qui lui évitera une destitution. Le canevas budgétaire proposé par l’ex-Premier ministre François Bayrou pourrait servir de base, mais selon Villeroy, il faudrait y apporter quelques retouches.

Le gros défi reste donc de trouver le bon équilibre entre rigueur budgétaire et justice fiscale, tout en essayant de stimuler une croissance pérenne.

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