La Banque centrale européenne (BCE) a lancé récemment une recommandation qui a fait jaser : il serait judicieux que chacun garde un peu de liquide à la maison pour se préparer aux crises qui pourraient pointer le bout de leur nez. Publiée le 24 septembre 2025, cette suggestion arrive alors que les récents événements ont montré que les systèmes numériques peuvent flancher et que le cash se révèle indispensable quand tout déraille.
Pourquoi avoir du liquide quand ça coince
Selon la BCE, plusieurs raisons expliquent pourquoi il vaut mieux avoir du cash sous la main. La pandémie de Covid-19 a changé la donne. En 2020, l’émission de billets dans la zone euro a bondi de plus de 140 milliards d’euros, alors qu’entre 2015 et 2019, la moyenne annuelle était d’environ 55 milliards d’euros. Cette augmentation s’explique par une hausse de l’anxiété et un besoin accru de se sentir en sécurité sur le plan financier.
À cela s’ajoute l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, qui a provoqué une demande renforcée de liquidités dans les pays voisins. En avril 2025, une coupure massive en péninsule ibérique a démontré que, lorsque les systèmes numériques sont hors service, l’argent liquide reste le seul moyen de paiement, soulignant l’importance de la sécurité monétaire. La BCE a même précisé que les systèmes de paiement numérique avaient défailli, rendant le cash indispensable.
Conseils et initiatives dans quelques pays
Pour faire face à ces situations, la BCE conseille aux ménages européens de garder entre 70 et 100 € par personne, ce qui devrait couvrir les besoins pendant environ 72 heures en cas de coupure des services numériques.
Des pays ont déjà mis en place des mesures similaires. Les Pays-Bas, l’Autriche et la Finlande invitent leurs citoyens à constituer une petite réserve de liquidités contre les imprévus. En Finlande, on travaille même sur des distributeurs automatiques conçus pour résister aux pannes, afin que l’accès aux espèces ne soit jamais compromis, ce qui s’inscrit dans une tendance de modernisation bancaire.
En Suède, une brochure recommande de prévoir assez de cash pour tenir au moins une semaine en cas de conflit, et en France, un kit d’urgence est mis à disposition pour se préparer aux crises potentielles.
Réactions et perspectives à venir
Même si ces conseils semblent judicieux, l’usage du cash au quotidien est en baisse, illustrant le déclin du cash. Entre 2022 et 2024, la Banque de France a constaté une diminution notable des retraits d’espèces. Malgré cela, des pays comme la Finlande cherchent toujours des solutions innovantes pour maintenir l’accès aux liquidités, tandis que la France envisage une interdiction argent liquide.
Francesca Faella et Alejandro Zamora-Pérez, économistes à la BCE qui ont étudié plusieurs crises européennes récentes, rappellent que l’utilité de l’argent liquide se fait particulièrement sentir dès que la stabilité vacille. Ils évoquent aussi des épisodes comme la crise de la dette grecque ou le conflit ukrainien, où le recours immédiat et massif au cash était manifeste.
Face aux risques tels que les catastrophes climatiques ou les cyberattaques (selon Maxime Chipoy de MoneyVox), il est important que les banques, publiques comme privées, veillent à ce qu’il y ait toujours assez d’espèces en circulation.



