En Allemagne, un large projet pilote a remis à plat l’organisation du travail en testant la semaine de quatre jours. Menée avec l’Université de Münster et l’organisation 4 Day Week Global, l’initiative visait à vérifier si les entreprises pouvaient maintenir leur productivité tout en améliorant l’équilibre entre vie pro et vie perso. L’expérience utilisait la formule « 100-80-100 » et montre une tendance intéressante : la majorité des entreprises ne veulent pas revenir en arrière.
Ce qui s’est passé en Allemagne et ailleurs
D’après Xataka, l’expérience, lancée fin 2023, a réuni 45 entreprises de secteurs variés : manufacture, assurances, technologie, médias, commerce et éducation. Le panel comprenait aussi bien des microentreprises que de grandes corporations, pour refléter le tissu économique allemand. Inspirée par des essais précédents au Royaume-Uni, au Portugal et à Valence, l’expérimentation appliquait le modèle « 100-80-100 » (100 % du salaire pour 80 % du temps de travail, tout en maintenant 100 % de la productivité).
Au terme du pilote, 73 % des entreprises participantes ont déclaré qu’elles ne reviendraient pas à la semaine de cinq jours. Par ailleurs, l’étude relève que 70 % des entreprises ont conservé cette réduction du temps de travail pendant au moins un an après l’expérience, malgré des défis opérationnels comme les périodes de forte activité ou la coordination avec les clients.
Productivité, bien-être : les résultats
Les résultats montrent qu’il n’y a pas eu de baisse notable de productivité. Certaines entreprises ont même observé de légères améliorations grâce à une meilleure optimisation des processus et à la réduction de la fréquence et de la durée des réunions. De plus, 25 % des firmes ont adopté de nouveaux outils numériques pour gagner en efficacité.
Côté salariés, les effets ont été largement positifs. 90 % ont signalé un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, avec moins de stress et une motivation en hausse. En outre, 38 % des employeurs ont constaté une baisse des congés maladie. Le bien-être global s’est amélioré : 50 % des employés ont rapporté une nette amélioration de leur bien‑être. Autre bénéfice observé : un gain moyen de 38 minutes de sommeil par semaine.
Ajustements organisationnels et plus de souplesse
Certaines entreprises ont fait évoluer le modèle initial vers des formules plus souples : 22 % ont testé des semaines alternées ou une réduction des heures annuelles. Ces ajustements ont aidé à maintenir un haut niveau de productivité tout en tenant compte de la diversité des organisations et du travail flexible.
Toutefois, environ 30 % des entreprises ont rencontré des difficultés trop importantes, notamment pour gérer les pics d’activité, et ont choisi de revenir à la semaine de cinq jours.




