La journée de solidarité revient chaque année et pose souvent des questions aux salariés. Instaurée en 2004, elle sert à financer des actions pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées. Pour 2026, le lundi de Pentecôte tombe le 25 mai, mais toutes les décisions prises autour de cette journée ne sont pas toujours évidentes. La question posée par Noya sur le site MoneyVox en donne un bon exemple : « Mon employeur m’impose de poser un congé payé le lundi de la Pentecôte, pour la journée de solidarité. En a-t-il le droit ? Je préférerais travailler. » Voyons comment cette obligation se traduit juridiquement et dans la vie quotidienne des salariés.
Comment se déroule la journée de solidarité
La journée de solidarité peut être organisée de plusieurs manières, souvent fixées par une convention ou un accord d’entreprise. À défaut d’accord, c’est l’employeur qui décide, après consultation de l’instance représentative du personnel. Parmi les options possibles :
- travailler le lundi de Pentecôte ;
- travailler un autre jour férié chômé (hors 1er mai, jour férié du 1er mai) ;
- retirer une journée de RTT ;
- fractionner les 7 heures de travail supplémentaires sur l’année.
Pour les salariés au forfait jours, le travail effectué ce jour-là n’est pas rémunéré dans la limite de la valeur d’une journée de travail.
Mohamed Materi, avocat associé au cabinet Alscio avocats, précise que l’employeur peut imposer que les salariés prennent leur journée le lundi de la Pentecôte, sauf si ce jour correspond déjà à un congé payé légal qui ne peut être imposé. En revanche, des accords collectifs ou des décisions de l’employeur prises après avis du Comité social et économique (CSE) peuvent prévoir l’imposition d’un jour de congé payé supplémentaire prévu par les dispositions conventionnelles.
Le cadre légal et les conséquences économiques
La journée de solidarité a été mise en place en mai 2004, après la canicule d’août 2003, pour financer des actions en faveur des personnes âgées et des personnes handicapées. Depuis le 1er octobre 2003, les employeurs versent une contribution spécifique au taux de 0,30 %. Cette journée doit aussi générer une activité économique.
La journée de solidarité s’applique à tous les salariés, du secteur privé comme du secteur public, et l’organisation relève du pouvoir de l’employeur. Les règles varient selon le statut : temps plein, temps partiel, jeunes travailleurs ou apprentis. Par exemple, d’après le ministère du Travail, les apprentis mineurs ne sont pas concernés par la journée si elle tombe un jour férié.
Ce qui change selon le type d’emploi et vos droits
La journée de solidarité a des conséquences particulières selon le type de contrat. Pour les salariés au forfait jours, la durée annuelle a été portée à 218 jours pour intégrer cette obligation. Les salariés qui entrent en cours d’année ne doivent pas refaire la journée s’ils l’ont déjà effectuée dans une autre entreprise.
Sur les bulletins de salaire, la mention de la journée de solidarité n’est plus obligatoire, mais il est conseillé d’ajouter une mention spécifique comme preuve. Si un salarié effectue plus que les sept heures obligatoires, ces heures doivent être rémunérées, sans majoration si le salarié n’atteint pas 35 heures dans la semaine.







