Le jardinage change d’échelle et de décor. En ville, il s’installe dans les petits espaces disponibles, porté par la recherche de bien-être, l’envie de végétaliser le quotidien et des habitudes d’entretien plus régulières.
Jardinage urbain : une pratique qui s’installe dans la vie des citadins
Le jardinage urbain n’est plus seulement associé aux jardins partagés ou aux initiatives militantes de végétalisation. Il devient une pratique domestique, parfois discrète, souvent régulière, qui se glisse dans les contraintes de la ville : un balcon, une terrasse, un rebord de fenêtre, quelques bacs ou un petit espace collectif au pied d’un immeuble.
Selon l’édition 2026 de l’enquête « Gardens of Europe », réalisée par YouGov pour STIGA dans cinq pays européens, 39% des Français interrogés déclarent pratiquer le jardinage urbain. La France devance ainsi l’Espagne, à 36%, puis l’Allemagne, à 28%, l’Italie, à 26%, et le Royaume-Uni, à 25%. À l’échelle de l’échantillon européen, près d’une personne sur trois pratique activement cette forme de jardinage, d’après l’étude YouGov pour STIGA.
La donnée française est d’autant plus notable que l’intérêt progresse dans le temps. Selon la même enquête, 60% des jardiniers urbains français déclarent s’intéresser davantage au jardinage qu’en 2021. Cette évolution ne décrit pas seulement un loisir. Elle dit quelque chose du rapport des citadins à leur logement, à leur environnement immédiat et à la place du végétal dans une ville dense.
L’étude résume ce changement de regard en soulignant que « ce qui était autrefois considéré comme une contrainte – le manque d’espace – est désormais perçu comme une opportunité de cultiver la verdure de manière innovante et plus flexible », peut-on lire dans le communiqué STIGA.
Le besoin de vert dépasse la question du balcon
Le succès du jardinage urbain doit aussi se lire dans un contexte plus large : la majorité des Français vivent dans des espaces urbains. En 2022, 51.913.000 habitants vivaient dans une unité urbaine en France métropolitaine, soit 78,8% de la population, selon l’Insee. Dans ce cadre, la demande de nature ne passe pas uniquement par les grands parcs ou les politiques publiques de végétalisation. Elle se joue aussi à domicile, dans de petites surfaces, avec des gestes simples.
L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que la santé urbaine suppose des approches coordonnées, notamment parce que les villes concentrent des enjeux d’environnement, de mobilité, de logement et de qualité de vie. Le jardinage urbain ne règle pas ces questions à lui seul, mais il traduit une volonté de reprendre la main sur une partie du cadre quotidien.
Cette dimension est au cœur de la tendance observée par YouGov et STIGA. Le jardinier urbain n’est pas nécessairement propriétaire d’un jardin, ni même d’une grande terrasse. Il compose avec ce qu’il a. Le communiqué le formule ainsi : « Les jardiniers urbains ne se définissent pas par l’espace dont ils disposent, mais par la manière dont ils l’utilisent. »
La ville devient donc un terrain de micro-aménagements. Là où l’espace manque, l’usage se transforme. Les citadins ne cherchent pas toujours à reproduire un jardin traditionnel ; ils créent plutôt un rapport plus souple au végétal, adapté aux rythmes urbains et aux contraintes de place.
Bien-être, moral et gestes réguliers
L’autre enseignement fort de l’étude concerne le bien-être. Selon YouGov pour STIGA, 82% des jardiniers urbains français estiment que le jardinage améliore leur bien-être général. Ce niveau atteint 89% au Royaume-Uni, 88% en Italie, 84% en Espagne et 80% en Allemagne.
En France, le lien entre jardinage et moral est encore plus marqué lorsqu’il s’agit de produire quelque chose de comestible. D’après l’enquête, 85% des jardiniers urbains français considèrent que cultiver des fruits ou des légumes a un effet positif sur leur moral. Cette donnée explique en partie l’attrait des herbes aromatiques, des petits plants de tomates, des fraisiers ou des cultures en bac : le résultat est visible, concret, et parfois consommable.
Les travaux européens sur la nature en ville vont dans le même sens. Le CORDIS, service d’information de la Commission européenne sur la recherche, souligne que des études soutenues par l’Union européenne évaluent le rôle des espaces verts urbains dans la qualité de vie et le bien-être des habitants.
Le jardinage urbain apporte ici une nuance importante : il ne s’agit pas seulement d’avoir accès à un espace vert, mais de s’en occuper. La pratique repose sur une répétition de gestes courts : arroser, couper, nettoyer, surveiller, rempoter, récolter. Le communiqué STIGA décrit cette routine comme un « rituel modeste mais significatif », susceptible d’apporter des bénéfices au-delà du simple agrément.
Des pratiques très concrètes, loin de l’image décorative
L’étude montre que le jardinage urbain reste d’abord une affaire d’entretien. Les tâches courantes, comme le nettoyage, le désherbage ou les soins saisonniers, dominent dans tous les pays étudiés. Elles concernent 70% des jardiniers urbains en France, 73% en Allemagne et 81% au Royaume-Uni, selon YouGov pour STIGA.
La culture de légumes ou d’herbes aromatiques est également très présente en France et en Allemagne, où elle atteint 61% des jardiniers urbains. Les plantes ornementales et les parterres de fleurs mobilisent aussi une part importante des pratiquants, avec des niveaux particulièrement élevés au Royaume-Uni et en Italie.
La France se distingue par un autre aspect : la conception de l’espace. D’après l’étude, 43% des jardiniers urbains français déclarent pratiquer des activités de planification ou de design de jardin, contre 38% en Allemagne, 18% en Espagne et 16% en Italie. Ce point est révélateur : même réduit, l’espace végétalisé est pensé, organisé, optimisé.
Le marché suit cette évolution. Selon YouGov pour STIGA, 30% des Français interrogés privilégient le rapport qualité-prix lorsqu’ils achètent des outils. Dans les petits espaces, l’enjeu n’est pas l’accumulation d’équipements, mais la facilité d’usage, le rangement et la précision. STIGA met notamment en avant des outils compacts ou ergonomiques, adaptés aux balcons, terrasses et surfaces limitées.
À travers ces usages, le jardinage urbain prend une dimension économique et sociale : il crée de nouveaux besoins d’équipement, modifie les attentes des consommateurs et élargit la clientèle traditionnelle du secteur jardin. Le jardin n’est plus seulement un attribut de la maison individuelle. Il devient une pratique transportable, ajustée aux modes de vie urbains.


