La dette publique française dépasse 3 500 milliards d’euros. Face à ce chiffre, ils sont quelques-uns, chaque trimestre, à sortir leur chéquier ou à programmer un virement. Non pas vers une association, mais directement vers le ministère de l’Économie et des Finances. Le geste est autorisé depuis 2006. Il reste, selon toute vraisemblance, avant tout symbolique.
Un arrêté publié au Journal officiel le 21 juillet 2026 recense huit personnes ayant effectué des dons à l’État entre octobre et décembre 2025. Montant total encaissé : 1 223 euros. Les motivations mentionnées dans l’arrêté varient légèrement d’un donateur à l’autre : « au profit de la réduction de la dette publique », « pour service de la dette », « au désendettement de la France ».
Les montants vont de dix euros à 550 euros. L’un des donateurs a opté pour des virements mensuels de 60 euros sur trois mois.
Un arrêté précédent, couvrant la période juillet-septembre 2025, faisait état de dons allant de un euro à 600 euros, pour un total de 1 556 euros. Sur l’ensemble du second semestre 2025, les particuliers ont ainsi versé 2 779 euros aux caisses publiques, dans un pays qui a creusé 152 milliards d’euros de déficit en 2025.
Bruno Alessi, 50 euros par mois depuis Toulouse
Sans doute le donateur le plus régulier parmi ceux recensés, Bruno Alessi est ancien militaire réserviste et travaille dans le secteur aérospatial à Toulouse. Tout a commencé fin 2024 par un chèque de 150 euros, qu’il décrit dans un entretien accordé à RMC comme « une action ponctuelle ».
Ce don a ensuite été publié au Journal officiel, et des échanges de courriers ont suivi avec le ministère. À l’issue de cette procédure, il a reçu un RIB associé à un compte bancaire dédié.
Il a expliqué sur RMC que ce processus avait suivi quelques communications avec le ministère de l’Économie et des Finances, qu’à l’issue de ces échanges de courriers il avait reçu un RIB avec un compte bancaire lui permettant de verser chaque mois le montant qu’il souhaite, et que le montant auquel il s’est engagé est de 50 euros par mois.
Entre le 5 février et le 2 décembre 2025, il a versé au total 550 euros. Ce montant figure dans l’arrêté du 21 juillet 2026. Sur RMC, il tenait à préciser : « Je ne suis pas le seul. Je pense que je m’inscris dans une lignée de Français qui veulent aider. »
Ces dons n’ouvrent droit à aucun avantage fiscal, contrairement aux dons versés à des associations, qui permettent une réduction d’impôt sur le revenu.
Le précédent Fache : 40 000 euros en 2021
Le geste le plus spectaculaire reste celui de Michel Fache, qui avait donné 40 000 euros à l’État en 2021. Ce montant correspondait alors approximativement à la part de la dette publique par habitant. Le ministre des Comptes publics de l’époque, Olivier Dussopt, avait qualifié le geste de rare et publié l’arrêté d’acceptation du don sur son compte Instagram pour remercier le donateur publiquement.
Bruno Alessi, lui, n’a reçu aucun remerciement public de ce type.





