Le Grand Hôpital de l’Est francilien, qui regroupe quatre établissements en Seine-et-Marne, a demandé à certains de ses médecins de lui rembourser des primes versées au cours des deux dernières années, selon les informations de TF1 Info. Pour certains professionnels, la somme réclamée peut grimper jusqu’à 80 000 euros. Une cinquantaine de médecins de l’établissement seraient concernés par cette décision.
Ces compléments de rémunération étaient pourtant inscrits dans les contrats des praticiens. La direction a décidé de les supprimer purement et simplement, provoquant la colère de plusieurs professionnels.
Anesthésistes, psychiatres et radiologues visés
- Les médecins diplômés hors de l’Union européenne figurent parmi les plus touchés par ces demandes de remboursement. Ces primes leur permettaient de gonfler un salaire d’ordinaire aligné sur celui d’un débutant, en attendant la validation de leur équivalence, dans un territoire confronté à une pénurie de soignants.
- Plusieurs anesthésistes-réanimateurs sont aussi visés, pour des heures supplémentaires payées davantage afin d’éviter le recours à l’intérim. L’établissement souhaite également récupérer certaines primes de garde attribuées à des médecins de psychiatrie et de radiologie. Un praticien doit ainsi rembourser près de 30 000 euros.
« Une grande hypocrisie. On a fait le boulot, on sent qu’on a été trahis. Ça me fait vraiment mal au cœur, c’est du n’importe quoi », a-t-il confié à TF1 Info.
La direction du Ghef affirme que ces dispositifs, mis en place par son prédécesseur pendant plusieurs années, ne disposaient d’aucune base légale. Elle assure qu’ils ne concernent que 10 % des effectifs et espère récupérer environ 2,7 millions d’euros au total.
Un étalement des remboursements est proposé aux médecins concernés. Les praticiens avaient été informés dès la fin 2024 par la nouvelle direction que ces gratifications ne seraient plus versées, avant d’être sommés, quelques mois plus tard, de restituer les sommes perçues sur les deux dernières années.
Certains médecins ont saisi le tribunal administratif de Melun. Ils expliquent être incapables de rembourser des sommes déjà dépensées, alors que leur salaire est désormais revenu autour de 2 000 euros, selon des informations rapportées par le magazine WhatsUpDoc. La situation aurait déjà entraîné le départ de la moitié des professionnels du service de radiologie.
Selon Delphine Krzisch, avocate de plusieurs plaignants, ces médecins s’étaient engagés à remplir des plannings vides en période post-Covid, en raison de la pénurie de soignants, ce qui les a amenés à travailler au-delà du temps de travail réglementaire. Elle a affirmé qu’ils avaient accepté de travailler plus que le temps de travail réglementaire et que l’on était sur une situation connue de tous.
L’avocate dénonce par ailleurs un « management toxique » et interroge : « Qui peut faire confiance à une administration qui ne tient pas sa parole ? »







