Le PDG de Revolut a retrouvé l’ancien propriétaire d’un yacht à 350 millions d’euros grâce à ChatGPT, d’après ses avocats

Un yacht à 350 millions d’euros, une bataille judiciaire à 17,5 millions et ChatGPT comme témoin clé. Storonsky, le milliardaire préféré de Londres, se retrouve face à un courtier remonté. Qui a raison ?

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Le PDG de Revolut a retrouvé l'ancien propriétaire d'un yacht à 350 millions d'euros grâce à ChatGPT, d'après ses avocats
Le PDG de Revolut a retrouvé l’ancien propriétaire d’un yacht à 350 millions d’euros grâce à ChatGPT, d’après ses avocats © journaldeleconomie.fr

Nik Storonsky, PDG de Revolut Ltd., a acheté un superyacht évalué à 350 millions d’euros. Selon ses avocats, dans des documents déposés au tribunal, l’entrepreneur a découvert l’identité de l’ancien propriétaire du navire en faisant une recherche sur ChatGPT. Ses représentants démentent par ailleurs qu’il ait cherché à échapper au versement de plusieurs millions de livres sterling de commission à un courtier.

Un courtier réclame 17,5 millions d’euros

Le cabinet Cecil Wright & Partners Ltd. poursuit Storonsky devant la High Court de Londres. Il réclame environ 17,5 millions d’euros de commission, soit 5 % du prix rapporté du yacht. Selon sa plainte, le milliardaire l’aurait sciemment contourné pour acheter le navire en direct, agissant dans son dos pour finaliser la transaction.

Le courtier affirme avoir été sollicité par le family office de Storonsky dès octobre 2024 pour un projet de yacht construit sur mesure, avant que la demande n’évolue en juillet 2025 vers la recherche d’un navire déjà construit. Cecil Wright dit avoir alors identifié Nixie, un yacht de 102 mètres alors en construction chez le chantier naval allemand Lürssen, avoir présenté l’opportunité à Storonsky et être resté impliqué par messages et appels téléphoniques dans les mois suivants.

Le cabinet se présente comme la cause effective de la vente, estimant que Storonsky n’aurait jamais eu connaissance du navire sans son travail initial.

Un yacht revendu avant la vente finale

L’histoire de la propriété de Nixie complique le dossier. Le navire avait d’abord été commandé par Patrick Dovigi, homme d’affaires canadien, ancien joueur de hockey et fondateur du groupe de gestion des déchets GFL Environmental. Pendant la construction, celui-ci l’aurait revendu à un banquier brésilien, Daniel Vorcaro.

C’est la propriété de Vorcaro que visait la première tentative d’achat menée via Cecil Wright. Mais en novembre 2025, Vorcaro est arrêté au Brésil dans le cadre d’une enquête sur une fraude présumée liée à la banque Banco Master. Il nie tout acte répréhensible.

Selon la défense de Storonsky, cette arrestation fait s’effondrer les négociations en cours, et la propriété du navire revient alors à Dovigi, son commanditaire d’origine. En janvier 2026, Storonsky finalise l’achat directement auprès de lui. Le conseiller du milliardaire en informe ensuite Chris Cecil-Wright, fondateur du cabinet de courtage.

Long de 102 mètres, le yacht dispose d’un héliport, d’un vaste beach club, d’une piscine à débordement à fond en verre et d’une salle de sport comprenant sa propre chambre de cryothérapie.

Dans les documents déposés à la High Court, les avocats de Storonsky rejettent les accusations et retournent l’argument contre Cecil Wright, qu’ils accusent d’avoir induit en erreur le family office de leur client en dissimulant l’identité du précédent propriétaire du yacht. L’avocat du milliardaire a précisé que Storonsky n’avait appris l’identité de l’armateur brésilien par un courtier que trois jours après son arrestation.

C’est là qu’intervient ChatGPT. Selon les documents judiciaires, Storonsky savait déjà que Doidge était le précédent propriétaire du yacht, ce qu’il avait établi en effectuant une recherche sur ChatGPT à partir d’informations publiquement disponibles. L’entourage du PDG ne prétend pas que l’outil a négocié l’achat, rédigé le contrat ou fourni un quelconque conseil juridique.

Son rôle se limite, selon la défense, à avoir permis d’identifier le vendeur. Storonsky affirme avoir ensuite contacté Dovigi de façon indépendante, sans que Cecil Wright ne joue de rôle dans cette seconde transaction, distincte selon lui de celle sur laquelle le courtier avait travaillé.

Un porte-parole de Revolut a refusé de commenter l’affaire. Le tribunal devra trancher une question précise : l’introduction initiale de Cecil Wright reste-t-elle la cause effective de la vente, alors même que les premières négociations ont échoué et que le propriétaire du navire a changé entre-temps.

L’affaire intervient alors que Revolut prépare son avenir boursier. En avril, Storonsky a annoncé une entrée en bourse, mais pas avant 2028. Selon des sources du Financial Times, l’entreprise ambitionne de près de doubler sa valorisation pour atteindre 200 milliards de dollars avant cette échéance.

Bloomberg estime déjà Storonsky comme le milliardaire le plus riche du Royaume-Uni, avec une fortune évaluée à 20,4 milliards de dollars. Si le plan de valorisation se concrétise, elle pourrait grimper à environ 76 milliards de dollars.

Les représentants de Cecil Wright, de Dovigi et du chantier Lürssen n’ont pas répondu aux demandes de commentaire.

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