Le gouvernement a tranché : les réductions d’impôts destinées aux personnes âgées de plus de 65 ans seront intégralement conservées en 2026, et certaines renforcées. Abattement sur les pensions, dispositif spécial pour les revenus modestes, crédit d’impôt pour l’aide à domicile ou pour l’hébergement en établissement : aucun de ces mécanismes n’a finalement été rogné.
Cette clarification intervient après une période d’inquiétude. Certains craignaient que le gouvernement ne supprime purement et simplement ces réductions d’impôts pour les seniors. Le débat budgétaire national, marqué par des discussions parlementaires sur le déficit public en 2025 et au début de 2026, avait vu certains parlementaires envisager de réduire des dépenses fiscales destinées aux seniors.
Deux pistes circulaient : abaisser le crédit d’impôt services à la personne, alors fixé à 50 % des dépenses, et réduire l’abattement spécial des plus de 65 ans. Aucune des deux n’a été retenue.
Un abattement qui grimpe jusqu’à 2 822 euros dès 65 ans
Ce dispositif s’applique automatiquement, sans démarche, aux personnes nées avant 1961 pour les revenus de 2025. Pour une personne seule dont le revenu net global ne dépasse pas 17 670 euros par an, la déduction atteint 2 822 euros. Entre 17 670 et 28 430 euros, elle tombe à 1 411 euros. Au-delà, plus rien.
Pour un couple marié ou pacsé dont les deux membres ont plus de 65 ans, les montants doublent : 5 644 euros sous le premier seuil, 2 822 euros dans la tranche intermédiaire. Ces plafonds sont réévalués chaque année ; ils ont progressé de 0,9 % en 2026.
Le blog Cap Retraite prend l’exemple de Claude et Martine, un couple marié de 68 ans, illustre le mécanisme. Claude touche une retraite annuelle de 10 000 euros, Martine 8 000 euros, soit 18 000 euros au total. Après l’abattement automatique de 10 % sur les pensions, 1 800 euros au total, puis l’abattement spécial de 1 411 euros chacun, leur revenu imposable tombe à 13 378 euros.
Résultat : environ 400 euros d’impôt, contre 1 500 euros pour un couple sans ces dispositifs, soit 1 100 euros d’économie.
Pensions, aide à domicile, travaux d’adaptation
L’abattement de 10 % sur les pensions de retraite, lui, est universel : il s’applique sans condition d’âge ni de revenu, quel que soit le régime (général, SNCF, fonction publique, agriculture), et reste plafonné à 4 321 euros par foyer fiscal. Une pension de 12 000 euros donne droit à 1 200 euros d’abattement, ramenant la base imposable à 10 800 euros, pour une économie d’environ 400 euros selon la tranche d’imposition.
Le crédit d’impôt pour l’emploi d’une aide à domicile, ménage, repas, petits travaux ou accompagnement, couvre 50 % des dépenses engagées, plafonnées à 12 000 euros par an (jusqu’à 20 000 euros dans certaines situations). Les retraités non imposables peuvent aussi en être remboursés. Le service CESU+ permet une avance immédiate.
Les travaux d’adaptation du logement, douche à l’italienne, barres d’appui, rampes, élargissement des portes, ouvrent droit à un crédit d’impôt de 25 %, plafonné à 5 000 euros pour une personne seule et 10 000 euros pour un couple. La TVA passe à 5,5 % si l’intervention est réalisée par un professionnel certifié.
Pour l’hébergement et la dépendance en EHPAD, la réduction d’impôt reste fixée à 25 % des dépenses, plafonnée à 10 000 euros par an et par personne, soit jusqu’à 2 500 euros d’économie. Les aides déjà perçues, APA ou allocations logement, sont déduites du montant déclaré.
Taxe foncière : un dégrèvement automatique dès 65 ans
Les propriétaires âgés de 65 à 75 ans bénéficient d’un dégrèvement automatique de 100 euros par an sur leur taxe foncière, sans démarche, dès l’année de leurs 65 ans. Sur dix ans, l’économie atteint 1 000 euros. Au-delà de 75 ans, un dégrèvement supplémentaire peut être demandé au maire, selon des règles qui varient d’une commune à l’autre.
À partir de 75 ans justement, les seniors aux revenus modestes peuvent obtenir une exonération totale de taxe foncière sur leur résidence principale. Les bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, l’ASPA, accessible sous 943 euros de revenu mensuel en 2026, peuvent également en bénéficier. Cette exonération s’applique même lorsque le propriétaire est hébergé en établissement spécialisé, tant que le logement reste inoccupé.
Rentes, IFI et donations aux enfants
D’autres mécanismes concernent le patrimoine. Les rentes viagères bénéficient d’une imposition partielle de 30 % après 70 ans. La résidence principale profite d’un abattement de 30 % pour l’impôt sur la fortune immobilière. Les donations entre parents et enfants restent exonérées jusqu’à 100 000 euros, renouvelables tous les 15 ans, un plafond distinct des droits de succession, qui varient selon le lien de parenté : 20 % pour les enfants, 30 % pour les petits-enfants, 55 % pour les nièces et neveux.
Les revenus complémentaires, un piège classique
Un studio loué, un garage, quelques intérêts bancaires : ces revenus s’ajoutent à la pension pour calculer le revenu net global et peuvent faire basculer un foyer au-dessus du seuil de l’abattement spécial. Une retraite de 14 000 euros, ramenée à 12 600 euros après abattement de 10 %, additionnée à 6 000 euros de revenu immobilier, porte le total à 18 600 euros, au-delà du seuil de 17 670 euros. L’abattement chute alors à 1 411 euros au lieu de 2 822 euros.
L’erreur la plus fréquente reste d’oublier de déclarer ces revenus complémentaires, en pensant que seule la retraite compte. La seconde consiste à ne pas vérifier que l’abattement spécial a bien été appliqué sur l’avis d’imposition, des erreurs administratives pouvant survenir.






