Bernadette, 70 ans, retraitée SDF à cause de sa faible pension : « Maintenant, je peux m’offrir un repas ou un café »

Deux pensions, une vie qui semblait sécurisée. Pourtant, à 70 ans, Bernadette s’est retrouvée à la rue pendant neuf mois. Son histoire révèle une réalité que traversent aujourd’hui de nombreux retraités français.

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Bernadette, 70 ans, retraitée SDF à cause de sa faible pension : "Maintenant, je peux m'offrir un repas ou un café"
Bernadette, 70 ans, retraitée SDF à cause de sa faible pension : « Maintenant, je peux m’offrir un repas ou un café » © journaldeleconomie.fr

Bernadette, 70 ans, retraitée et ancienne cadre dans le secteur des ressources humaines, raconte que lorsque la propriétaire du logement qu’elle louait est décédée, le fils de celle-ci lui a envoyé un avis d’expulsion, expliquant ainsi comment elle s’est retrouvée sans domicile, dans un entretien accordé au Guardian.

Bernadette avait pris sa retraite à 64 ans, après des décennies passées dans les ressources humaines. Elle perçoit depuis deux pensions mensuelles, une pension d’État et une pension privée. Elle pensait avoir sécurisé ses vieux jours. La disparition brutale de sa propriétaire et l’avis d’expulsion envoyé par son fils ont tout fait basculer.

Neuf mois d’errance avant un studio en résidence médicalisée

Bernadette a passé neuf mois sans logement fixe, hébergée successivement par différents membres de sa famille, puis dans des foyers. « Vivre en foyer m’a fait prendre conscience du nombre de personnes trop malades pour travailler », confie-t-elle. En juin, elle a enfin pu emménager dans un appartement d’une chambre, en résidence médicalisée.

Le logement retrouvé, elle a décroché un emploi à temps partiel comme vendeuse. Ce complément de revenu modeste lui a permis de payer ses factures et de reconstituer une petite trésorerie. Elle a acheté des chaussures en soldes récemment, un geste anodin mais qu’elle n’avait pas fait depuis longtemps. Elle dit ne même plus se souvenir de la dernière fois qu’elle a acheté quelque chose de neuf.

Avant même cette crise, Bernadette cachait ses difficultés à son entourage. Elle prétendait ne pas aimer certains produits en faisant les courses avec des amies, ou n’avait soudain plus faim au moment de déjeuner. « En réalité, je n’avais pas les moyens de me le permettre. Maintenant, je peux m’offrir un repas ou un café, et mettre de l’essence dans ma voiture sans m’inquiéter », explique-t-elle.

Elle résume cette période d’avant en expliquant que même avant la crise, elle survivait sans vivre, et qu’avec l’augmentation du coût de la vie, c’était devenu impossible.

Son témoignage arrive alors que la France est présentée comme étant au bord de la récession, avec une inflation qui pousse les prix vers le haut sans redescendre. Le gouvernement envisage par ailleurs de geler les pensions de retraite en 2027, une mesure qui fait débat quand de nombreux Français peinent déjà à joindre les deux bouts.

Certains retraités sont contraints de continuer à travailler après leur retraite, parfois dans des métiers physiques peu adaptés à leur âge.

Bernadette n’est pas un cas isolé. Une gardienne d’immeuble parisienne de 69 ans ne peut, elle non plus, s’arrêter de travailler faute de revenus suffisants. Sharon, 64 ans, se retrouve pour sa part piégée par un calcul de pension trop faible, dans une situation comparable à celle de Bernadette.

Le niveau de vie des retraités se dégrade par rapport à celui des actifs, à mesure que le montant des pensions s’éloigne du coût réel de la vie.

Bernadette a retrouvé un toit et un emploi. D’autres retraités, dans des situations proches, attendent encore.

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