Environ 14 millions de retraités du secteur privé, affiliés à l’Agirc-Arrco, vont voir leur pension complémentaire augmenter en novembre 2026, après une année de gel, annonce Presse Citron. La hausse attendue oscille entre 1,2 % et 2 %, selon le scénario finalement retenu par les gestionnaires du régime.
Le calcul répond à une règle précise : la revalorisation suit l’inflation hors tabac mesurée par l’Insee, diminuée de 0,4 point. Avec une inflation prévue autour de 2 % pour 2026, le taux théorique s’établit à 1,6 %. Mais le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco dispose d’une marge de plus ou moins 0,4 point autour de ce chiffre.
« Cela donne un point de départ à 1,6 %, et le conseil d’administration dispose d’une marge de plus ou moins 0,4 point. Les trois scénarios 1,2 %, 1,6 % et 2 % sont donc bien les trois seuils principaux de la discussion », précise le secrétariat général du régime. La décision définitive doit tomber le 14 octobre 2026.
Pour un retraité touchant 500 euros bruts de complémentaire par mois, le gain irait de 6 à 10 euros selon le scénario, avec 8 euros dans l’hypothèse médiane. Pour une pension de 1 000 euros, le supplément mensuel se situerait entre 12 et 20 euros.
À 1 500 euros, la fourchette monte de 18 à 30 euros. Des montants bruts, sur lesquels s’appliqueront ensuite les prélèvements sociaux, et qui ne concerneront que les versements de fin d’année, sans rattrapage du gel passé. « Pour un retraité, cela représente quelques euros, pas vraiment de quoi changer la vie des gens », résume Thomas Disotto, expert retraite chez Origami&Co.
Sont concernés les anciens salariés du privé, cadres ou non, mais aussi les personnes ayant eu une carrière mixte et acquis des points, ainsi que les bénéficiaires d’une pension de réversion. Les fonctionnaires ayant fait toute leur carrière dans le public et les retraités relevant d’autres régimes ne sont pas touchés par cette mesure, qui ne porte que sur la retraite complémentaire.
Un recours en justice contre le gel de 2025
L’année 2025 avait été marquée par une absence totale de revalorisation, une première depuis la fusion des deux régimes en 2019. Le régime fonctionne avec 20 voix patronales et 20 voix syndicales, et ce partage exact des voix avait entraîné la reconduction pure et simple de la valeur du point de l’année précédente. La CGT et la CFE-CGC ont depuis déposé un recours en justice contre cette absence de revalorisation.
Un point de revalorisation coûte environ 1 milliard d’euros par an au régime, qui verse près de 100 milliards d’euros de prestations. Les réserves de l’Agirc-Arrco atteignaient 91,2 milliards d’euros fin 2025, soit une dizaine de mois de pensions, largement au-dessus du plancher de six mois fixé par la règle d’or du régime.
Les syndicats y voient une marge de manœuvre, tandis que le patronat met en avant l’état des finances publiques. Marilyn Vilardebo, présidente-fondatrice du cabinet Origami&Co, tranche en rappelant que la valeur du point n’a jamais baissé et que le pire des scénarios reste le gel.
Ce dossier s’ouvre alors que les retraites de base, elles, ont déjà été relevées de 2,2 % puis de 0,9 %, selon un calendrier distinct de celui de la complémentaire. L’effet plein de la future revalorisation n’arrivera, lui, qu’en 2027, une fois passé le premier virement au nouveau montant, prévu le lundi 2 novembre 2026.






