À partir du 1er mai 2027, la Belgique mettra en place une vignette numérique obligatoire pour tous les véhicules circulant sur ses autoroutes et principales routes régionales. Cet accord, conclu en juillet 2026 entre les régions de Wallonie, Flandre et Bruxelles-Capitale, met fin à la gratuité des autoroutes belges. Les voyageurs étrangers, y compris les frontaliers français et les touristes, devront désormais contribuer financièrement à l’entretien du réseau routier.
François Desquesnes, ministre wallon de la Mobilité, a expliqué que tous les usagers doivent participer équitablement au financement des infrastructures, selon Franceinfo. Contrairement aux systèmes de péage classique, la Belgique adopte une solution dématérialisée, similaire à celle de l’Autriche ou de la Suisse.
Véhicules concernés et exceptions
La vignette s’appliquera à tous les véhicules légers de moins de 3,5 tonnes, qu’ils soient immatriculés en Belgique ou à l’étranger, incluant voitures particulières, mixtes et camionnettes. Les motos, tracteurs agricoles, autocars de transport collectif, camions soumis à une redevance kilométrique, véhicules des services d’urgence, et certains véhicules médicaux ou d’intérêt général seront exemptés. Les personnes en situation de handicap bénéficieront également d’exemptions sous certaines conditions.
La vignette sera liée au numéro d’immatriculation et accessible via une plateforme numérique unique, couvrant toutes les régions belges sans distinction administrative.
Routes concernées par la taxe
En Belgique, la vignette s’appliquera aux autoroutes (panneaux verts) et routes nationales et régionales (panneaux bleus), contrairement aux routes communales (panneaux blancs), qui resteront gratuites. Les conducteurs devront s’adapter à ce système de signalisation inverse par rapport à la France. Éviter les routes taxées allongera les temps de trajet et compliquera la navigation, surtout pour traverser le pays.
Prix et modalités d’achat
Le prix de la vignette dépendra de la durée et de la performance environnementale du véhicule. Les véhicules zéro émission paieront 90 euros pour une année, tandis que les véhicules Euro 4 et supérieurs paieront 100 euros, et les véhicules Euro 0 à 3, 125 euros. Des options plus courtes seront disponibles, bien que les tarifs précis n’aient pas encore été annoncés. L’achat se fera exclusivement en ligne, sur une plateforme multilingue.
Ben Weyts, ministre flamand de la Mobilité, a souligné la logique de réciprocité, expliquant que les Flamands paient déjà pour utiliser les routes dans d’autres pays européens. Les revenus attendus en Flandre et en Wallonie sont respectivement de 130 millions et 327 millions d’euros annuels, illustrant l’importance financière de cette mesure.
Système de contrôle et sanctions
Le contrôle reposera sur des caméras ANPR et des équipes mobiles, vérifiant la validité de la vignette en temps réel. Une amende de 70 euros sanctionnera l’absence de vignette, montant qui pourra atteindre 210 euros en cas de récidive. Chaque région gérera les contrôles et amendes sur son territoire.
Pour les frontaliers français, cette vignette représente une dépense supplémentaire, en plus des coûts de transport déjà élevés. Un véhicule récent Euro 6 coûtera 100 euros par an, soit environ 8,30 euros par mois. Ce sujet rappelle les discussions autour d’une taxe routière annuelle en France.




