Maria, 30 ans et caissière : elle a détourné plus de 40 000 euros grâce à cette combine bien rodée

Un taux d’annulation trente fois supérieur à ses collègues, des sacs en plastique à 5 centimes comme seule trace sur le ticket… Comment cette caissière a-t-elle berné son employeur pendant un an avant de tout perdre ?

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Maria, 30 ans et caissière : elle a détourné plus de 40 000 euros grâce à cette combine bien rodée
Maria, 30 ans et caissière : elle a détourné plus de 40 000 euros grâce à cette combine bien rodée © journaldeleconomie.fr

Une caissière de 30 ans a été reconnue coupable de vol et de faux par le tribunal de district de Dielsdorf, dans le canton de Zurich. Elle écope de quatorze mois de prison avec sursis et d’une période probatoire de deux ans.

Employée dans une épicerie, la jeune femme, de nationalité kosovare et sans antécédent judiciaire, a détourné de l’argent liquide pendant près d’un an. Formée au métier d’éducatrice, elle devra aussi rembourser environ 20 000 francs suisses à son ancien employeur, soit un peu plus de 21 000 euros, montant retenu par le tribunal, inférieur aux plus de 40 000 euros réclamés par l’accusation.

Un taux d’annulation trente fois supérieur à la moyenne

Tout est parti d’une accumulation de reçus inhabituels repérée par le service comptable. Des clients semblaient renoncer au dernier moment à presque tous leurs achats, ne repartant qu’avec un sac en plastique à 5 centimes ou un sac en papier à 40 centimes.

L’examen du système de caisse a mis au jour plus d’un millier de passages avec annulations, dont une grande partie enregistrée par cette seule employée. Son taux d’annulation était environ trente fois supérieur à celui de ses collègues, selon le procureur.

La méthode, surnommée le « coup du sac en plastique », consistait à annuler les articles scannés lors de paiements en liquide, en particulier quand le client ne demandait pas de ticket. Seul le sac apparaissait sur le reçu final.

Les produits, eux, quittaient bien le magasin, et l’argent correspondant restait dans la caisse. Les enquêteurs la soupçonnaient de récupérer cette somme en fin de service pour compléter discrètement son salaire. D’après l’accusation, elle procédait aussi à des annulations partielles ou laissait certaines transactions inachevées pour les retoucher ensuite.

Les images de vidéosurveillance ont montré des clients repartant avec des produits annulés dans le système. Sur trois jours de travail seulement, les enregistrements ont permis d’identifier 49 cas correspondant au même procédé. Le matin de son arrestation, une vingtaine de reçus falsifiés auraient encore été relevés, pour plus de 320 euros.

Confrontée aux vidéos, la prévenue a nié s’être enrichie illégalement. Interrogée sur certains de ses gestes devant la caisse, elle a expliqué qu’elle saisissait parfois le montant reçu ou cherchait un article indiqué comme inconnu. « On ne m’a jamais expliqué comment procéder », cite le magazine Marie France.

Son avocat a plaidé l’acquittement, estimant que quelques journées filmées ne suffisaient pas à reconstituer automatiquement toute une année de travail, selon des propos rapportés par le Tages-Anzeiger. Il a ajouté : « De nombreux éléments ne constituent pas à eux seuls une preuve de culpabilité. »

La défense a également fait valoir que certaines annulations pouvaient être légitimes et que la salariée disposait de ressources stables.

Le tribunal n’a pas suivi entièrement cette ligne. Il s’est montré plus prudent sur certaines annulations partielles, prononçant plusieurs acquittements sur ces points précis. « Il n’y a aucune raison logique à ces annulations, à moins d’avoir l’intention de voler », a estimé le juge.

Sur la question d’un éventuel préjudice personnel soulevée par la défense, il a tranché sans détour : « La loi est sans ambiguïté ; il n’y a pas lieu de s’interroger sur un préjudice personnel. »

La condamnation s’accompagne d’une interdiction de territoire de cinq ans. La prévenue avait expliqué qu’une telle mesure risquait de détruire son mariage et son projet de fonder une famille. Le tribunal a toutefois considéré que la règle devait s’appliquer malgré ces arguments. Elle peut encore faire appel devant la Haute Cour.

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