Ils détournaient des entreprises américaines pour financer les missiles nord-coréens , Washington cible un réseau lié à Pyongyang

Des faux informaticiens, des millions extorqués, et un régime nord-coréen qui finance ses missiles grâce à vos données volées. Washington frappe fort, mais le réseau est-il vraiment démantelé ?

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Ils détournaient des entreprises américaines pour financer les missiles nord-coréens , Washington cible un réseau lié à Pyongyang
Ils détournaient des entreprises américaines pour financer les missiles nord-coréens , Washington cible un réseau lié à Pyongyang © journaldeleconomie.fr

Le département américain du Trésor a annoncé, mercredi, des sanctions contre une dizaine de personnes et une entreprise, des ressortissants nord-coréens et russes accusés d’avoir extorqué des entreprises américaines. L’Union européenne et l’Australie se sont associées à cette série de mesures, destinées selon Washington à frapper un réseau qui visait à « escroquer des entreprises américaines et générer des revenus » pour le compte de la Corée du Nord.

Les cibles désignées comprennent une entreprise nord-coréenne, huit citoyens nord-coréens tous basés en Russie, et deux citoyens russes, rapporte BFMTV. Le réseau avait mis en place un service d’assistance informatique destiné à des entreprises américaines. Les données des sociétés visées étaient volées pour les forcer à payer leur restitution, une opération qui aurait généré plusieurs millions de dollars.

Selon le département du Trésor, une large partie de ces revenus revient au gouvernement nord-coréen, qui finance ainsi ses programmes de missiles et d’armes de destruction massive. Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, a dénoncé dans un communiqué un régime qui « continue de cibler et d’exploiter les entreprises américaines par des activités frauduleuses menées par ses agents informatiques à l’étranger, qui utilisent des données sensibles comme une arme et extorquent aux entreprises des paiements importants ». Il a ajouté que le Trésor mettrait tout en œuvre pour protéger les entreprises américaines contre ces activités malveillantes.

Concrètement, les sanctions se traduisent par le gel de l’ensemble des avoirs détenus directement ou indirectement aux États-Unis par les personnes et l’entreprise visées, ainsi que par une interdiction d’utiliser le dollar dans leurs transactions. Toute entreprise ou tout citoyen américain, ou étranger disposant d’établissements aux États-Unis, qui continuerait à faire des affaires avec eux s’exposerait à son tour à des sanctions.

Une inculpation distincte vise 14 personnes

Deux semaines avant cette annonce, le ministère américain de la Justice avait déjà rendu publique, le 13 octobre 2026, une série d’actions contre un réseau présumé de financement occulte de la Corée du Nord, reposant lui aussi sur la fourniture de services d’assistance informatique à distance pour des entreprises américaines.

Une inculpation pour blanchiment et usurpation d’identité a ainsi été rendue publique dans l’Ohio, visant 14 personnes au total. Deux Américains ont déjà été arrêtés, dix autres accusés sont basés en Chine, et deux derniers ne sont pas identifiés publiquement. Selon le ministère de la Justice, ces activités frauduleuses ont généré près de 3 millions de dollars, au bénéfice présumé d’entités sous sanctions internationales contrôlées par la Corée du Nord.

Le ministère évoque dans son communiqué des « plans du régime nord-coréen de se financer via des services d’assistance informatique pour des entreprises américaines ».

Cette affaire avait été précédée, fin septembre 2026, par une opération du FBI au Texas : plus de 40 habitations soupçonnées d’héberger des fermes d’ordinateurs portables avaient été perquisitionnées, et près de 187 appareils informatiques, ordinateurs, claviers et souris, y avaient été saisis.

Un précédent judiciaire existait déjà. En avril, deux Américains avaient été condamnés à des peines de prison pour avoir monté ce type d’infrastructures, qui permettaient à des individus à l’étranger, notamment en Corée du Nord, de s’y connecter à distance en se faisant passer pour des informaticiens basés aux États-Unis.

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