Le gouvernement veut croire à un ralentissement de la crise. Mais les chiffres publiés par Allianz Trade rappellent que la sinistralité reste à un niveau très élevé. Et l’année 2025 pourrait bien battre un record historique.
Un ralentissement trompeur
Sur le papier, la hausse paraît modérée. Au premier trimestre 2025, les défaillances d’entreprises ont augmenté de 2 % par rapport à l’an dernier, selon l’étude publiée lundi par Allianz Trade. C’est moins spectaculaire que les +9 % du dernier trimestre 2024 ou que les +17 % enregistrés au troisième trimestre.
Mais derrière cet infléchissement, les économistes restent prudents : « Le pic d’accélération des défaillances semble dépassé, avec un infléchissement graduel au fil des trimestres », observe Allianz Trade. « Mais ce ralentissement n’empêche pas un haut niveau de sinistralité et la perspective reste celle d’un chiffre durablement élevé » (ibid.).
Une menace latente de guerre commerciale
Le climat reste pesant pour les entreprises françaises. Maxime Lemerle, responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade, rappelle que « les défis auxquels font face les entreprises restent nombreux : faiblesse du cycle conjoncturel, fin/remboursement des aides, reprise des assignations par les services fiscaux et sociaux, incertitudes géopolitiques ».
Pire, une nouvelle menace vient d’apparaître : le risque d’une guerre commerciale déclenchée par les États-Unis. Si ce scénario se concrétisait, le nombre de faillites pourrait dépasser 68 000 en 2025, soit bien au-delà des prévisions initiales de 67 500.
Une crise qui n’épargne aucun secteur
Tous les secteurs sont frappés, sans distinction. Fin mars 2025, les entreprises en défaut cumulaient 33,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+6 % sur un an) et 6,4 milliards d’euros de dettes fournisseurs (+11 %). La construction reste le secteur le plus sinistré, concentrant 22 % des faillites recensées, avec une progression de 2 298 défaillances supplémentaires.
Le transport-entreposage subit également une envolée (+23 %), tout comme l’information-communication (+17 %). « Aucune taille d’entreprise n’échappe à l’augmentation des défaillances », insiste l’étude.
Peu de marges de manœuvre pour éviter le choc
Face à cette vague annoncée, les marges de manœuvre restent faibles. Après avoir massivement soutenu l’économie pendant la crise sanitaire, l’État semble désormais jouer la montre. Les entreprises, elles, doivent affronter une combinaison redoutable : hausse des coûts, faible croissance et incertitude géopolitique. Sans relais efficace ou politique d’amortissement, beaucoup risquent de ne pas résister aux prochains mois.


