Les Français reculeront leurs montres d’une heure dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, selon actu.fr, cnews.fr et linternaute.com. À 3 heures du matin, il sera en réalité 2 heures : ce basculement vers l’heure d’hiver, qui s’applique dans tous les pays membres de l’Union européenne, offre une heure de sommeil supplémentaire.
Ce changement n’est pas isolé. linternaute.com détaille déjà les échéances suivantes, avec un retour à l’heure d’été le dimanche 28 mars 2027 puis un nouveau passage à l’heure d’hiver le dimanche 31 octobre 2027, un calendrier qui s’étend jusqu’en 2035.
La bascule d’octobre 2026 tombera en pleine période de vacances scolaires de la Toussaint, qui s’étendent du 17 octobre au 1er novembre 2026 pour toutes les zones.
Un retour au fuseau UTC+1 sous surveillance
Ordinateurs, smartphones, téléviseurs et montres connectées ajusteront l’heure automatiquement, grâce à leur connexion au réseau cellulaire ou à internet. Les horloges analogiques, réveils traditionnels, compteurs électriques non communicants et horodateurs de véhicules demanderont en revanche une intervention manuelle.
La SNCF adapte aussi la circulation de ses trains de nuit en circulation pendant la transition : les convois encore sur les rails à 2 heures du matin s’arrêtent généralement une heure dans la gare la plus proche, le temps de reprendre l’itinéraire à l’heure exacte prévue par la fiche horaire d’hiver, pour ne pas arriver en avance à destination. Le changement soulève aussi des questions de réglementation du travail de nuit.
Les départements et territoires d’Outre-mer échappent à ce basculement. Seule exception : Saint-Pierre-et-Miquelon, qui applique le même changement d’heure que la métropole.
Une hausse de 40 % des accidents impliquant des piétons
Le recul d’une heure avance mécaniquement le coucher du soleil, ce qui réduit la luminosité naturelle lors des trajets domicile-travail de fin d’après-midi, entre 17 heures et 19 heures. Selon les données de la Sécurité routière, les semaines qui suivent le passage à l’heure d’hiver enregistrent une hausse moyenne de 40 % des accidents impliquant un piéton sur cette tranche horaire.
Les autorités recommandent aux piétons, cyclistes et utilisateurs de trottinettes de porter des équipements rétroréfléchissants, et invitent les automobilistes à vérifier le réglage de leurs feux de croisement.
Sur l’origine exacte du changement d’heure en France, les sources divergent légèrement. Selon Cnews, le pays l’a expérimenté une première fois dès 1916 ; actu.fr évoque une instauration à la suite du choc pétrolier de 1973-1974, tandis que L’Internaute situe son instauration durable en 1976, en réaction au choc pétrolier.
Abandonné à la Libération après cette première tentative, le dispositif a été relancé en 1976 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, dans un objectif d’économies d’énergie. Présentée comme provisoire à l’époque, la mesure s’est installée durablement : cela fait maintenant cinq décennies qu’elle rythme les calendriers français.
En 1998, les dates de changement d’heure ont été harmonisées à l’échelle de l’Union européenne, qui applique le passage à l’heure d’hiver le dernier dimanche d’octobre et celui à l’heure d’été le dernier dimanche de mars. L’Observatoire de Paris établit et diffuse le temps légal français à l’aide d’horloges atomiques.
Dans une synthèse de 2010, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie avait chiffré à 440 GWh l’économie d’énergie réalisée l’année précédente grâce au changement d’heure.
En mars 2019, les eurodéputés avaient voté la suppression du changement d’heure saisonnier, avec une entrée en vigueur alors envisagée pour 2021. Le projet prévoyait que chaque État tranche entre heure d’été et heure d’hiver permanentes, sous réserve d’une coordination avec la Commission européenne pour ne pas perturber le marché intérieur.
La crise sanitaire du Covid-19, puis le Brexit, la guerre en Ukraine et les hésitations des dirigeants européens ont enterré le texte, qui n’est plus à l’ordre du jour, selon le site Vie publique.
En octobre 2025, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a relancé la question en annonçant vouloir mettre fin au changement d’heure dès 2026, invitant la Commission européenne à rouvrir le dossier. « Changer l’heure deux fois par an n’a plus de sens », a-t-il affirmé. L’Espagne entend plaider pour une décision coordonnée à l’échelle de l’Union européenne, une initiative qui pourrait relancer le débat dans d’autres capitales, dont Paris.



