Roland Lescure confirme que taxer l’épargne salariale est une « piste » : mauvaise nouvelle pour les 12 millions de salariés concernés

Un milliard d’euros en jeu, une épargne salariale menacée et un front commun du centre à l’extrême droite pour s’y opposer. Bercy tient bon malgré la fronde. Que cache vraiment ce projet ?

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Roland Lescure confirme que taxer l'épargne salariale est une « piste » : mauvaise nouvelle pour les 12 millions de salariés concernés
Roland Lescure confirme que taxer l’épargne salariale est une « piste » : mauvaise nouvelle pour les 12 millions de salariés concernés © journaldeleconomie.fr

Roland Lescure, ministre de l’Économie, a confirmé lundi 7 septembre 2026, sur RTL, que l’exécutif étudiait la piste d’une taxation accrue de l’épargne salariale pour renflouer les comptes de la Sécurité sociale. Rien n’est encore tranché, a-t-il précisé, indiquant que cela faisait partie des pistes qu’ils regardaient comme d’autres et qu’il n’y avait rien d’acquis à ce stade.

Révélée par le journal Les Échos, la mesure consisterait à prélever des cotisations sociales sur une partie des primes de participation, des primes d’intéressement et des abondements versés par les employeurs, dès lors que ces sommes dépassent 3 000 euros par an.

Ces versements alimentent généralement un plan d’épargne entreprise, un plan d’épargne interentreprise ou un plan d’épargne pour la retraite collectif. Selon les chiffres évoqués, une telle cotisation rapporterait près d’1 milliard d’euros à la Sécurité sociale.

Le gouvernement cherche des économies et de nouvelles recettes pour préparer le budget 2027 et limiter le déficit de la Sécurité sociale. Le projet de loi de finances doit être présenté fin septembre 2026, avant son examen au Parlement à l’automne.

Une levée de boucliers, du centre à l’extrême droite

La piste ne fait pas l’unanimité, loin de là. Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Économie et prédécesseur de Roland Lescure à Bercy, l’a qualifiée dimanche, sur X, de « pire » des idées circulant pour le budget 2027 : « De toutes les idées funestes qui circulent […], la taxation de l’épargne salariale est la pire : elle est à la fois injuste et lâche. Elle découragera tous ceux qui travaillent. »

Olivia Grégoire, ex-ministre déléguée chargée des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation, a réagi dans les mêmes termes sur le même réseau social, affirmant que toucher à l’épargne salariale, qu’on avait mis des années à renforcer et qui était essentielle pour le patrimoine des salariés, était hors de question.

Sarah Knafo, députée européenne du mouvement Reconquête, a été plus directe encore lundi matin sur la matinale de TF1, dénonçant les éternelles vaches à lait et les rapaces derrière la mesure.

Sur ce dossier au moins, l’opposition à la taxation traverse tout l’échiquier, du centre à l’extrême droite.

Roland Lescure assume néanmoins l’exercice. « Derrière chaque mesure, il y a une bonne raison de ne pas la faire, mais la réalité, c’est que si on ne fait rien, on va dans le mur », a-t-il lancé sur RTL.

Le ministre a précisé que des économies seront aussi cherchées dans les dépenses de fonctionnement de l’État, des collectivités locales et des administrations de sécurité sociale, pour tous les agents publics, tout en rappelant que le Premier ministre ne souhaite ni nouvel impôt ni hausse d’impôt.

Deux autres pistes concernant les retraités sont sur la table, sans arbitrage à ce stade : la désindexation de l’inflation pour les pensions les plus élevées et la suppression de l’abattement fiscal de 10 %. Roland Lescure a justifié cette réflexion en observant qu’en moyenne, les retraites sont plus élevées que les rémunérations du travail en France, un constat qu’il attribue au modèle social « à son meilleur, mais qui coûte beaucoup d’argent ».

Le ministre a enfin averti les partis tentés par la censure du budget. Sans texte adopté, a-t-il prévenu, la France s’exposerait à des taux d’intérêt qui montent de manière très forte pour les particuliers. Il a résumé sur RTL que l’alternative, c’était de ne pas avoir de budget, et que si on n’avait pas de budget, alors le mur, on le frapperait, et on le frapperait fort.

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