Dans la ville de Khanty-Mansiysk, en Sibérie occidentale, Russie, un drôle d’incident financier a mis Vladimir Rychagov, chef de service d’une usine locale, dans la ligne de mire d’une sacrée polémique. Ce dernier s’est retrouvé avec 7 millions de roubles (soit environ 74 000 €) sur son compte, alors qu’il ne s’attendait qu’à une prime d’environ 500 €. L’erreur, survenue en janvier dernier, a aussi affecté le paiement des salaires de 34 employés d’une autre filiale du groupe, informe La Dépêche.
Une réaction surprenante face à une erreur technique
Dès que le service comptabilité a détecté le pot-de-vin accidentel, ils ont tenté de joindre Vladimir pour qu’il restitue l’argent. Mais voilà, il a fait une proposition pour le moins étonnante : garder les 74 000 € en échange d’une baisse de salaire de 20 %. L’entreprise n’a pas voulu entendre parler d’un tel compromis.
Après avoir réalisé qu’il s’agissait d’une simple erreur technique, Rychagov a décidé de ne pas rendre la somme. Il a même déménagé avec sa famille, par mesure de précaution pour leur sécurité, et changé son numéro de téléphone. Il s’est aussi offert une nouvelle moto avec cet argent inattendu. « J’ai bossé dur et l’entreprise marche bien. Cette prime, je la mérite », affirme-t-il, estimant que l’argent lui revient de droit.
Les suites judiciaires et ce qui pourrait arriver
L’entreprise n’a pas tardé à saisir la justice en déposant une plainte contre Vladimir Rychagov. En première instance, l’affaire avait penché en faveur de l’entreprise. Mais Rychagov a fait appel et c’est désormais la Cour suprême de Russie qui doit se prononcer. En cas de condamnation, il risque jusqu’à 10 ans de prison.
À noter que l’accusation initiale de fraude a été écartée par manque de preuves. Le tribunal avait constaté qu’il n’y avait pas de retards de paiement à ce moment-là et que le virement ne pouvait pas être considéré comme un salaire.
D’un point de vue légal et technique, si l’on parle d’« erreur technique », Vladimir Rychagov a le champ libre pour garder ou restituer l’argent. Par contre, si c’est une « erreur de facturation », la loi l’oblige à rembourser les sommes perçues par erreur.

