Immobilier : comptez 3293 euros le mètre carré en moyenne en France

Entre des taux d’intérêt qui baissent, des acheteurs plus nombreux et des prix qui se stabilisent, le marché immobilier ancien montre des signes d’amélioration.

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Entre des taux d’intérêt qui baissent, des acheteurs plus nombreux et des prix qui se stabilisent, le marché immobilier ancien montre des signes d’amélioration.

Le 1er avril 2025, le réseau immobilier Laforêt a publié son bilan du premier trimestre. Il y dresse un tableau précis du marché de l’immobilier ancien en France. Au cœur du rapport : la baisse des taux d’intérêt, une demande plus forte et une confiance des Français qui semble repartir. Décryptage d’un marché qui se remet doucement en mouvement.

Une demande qui repart grâce à la baisse des taux

Depuis le début de l’année 2025, de plus en plus de Français se lancent dans un projet immobilier. Selon les chiffres de Laforêt, la demande a bondi de 15 % sur un an. Cette hausse est encore plus marquée dans les régions (+16 %) et à Paris (+14 %), alors que l’Île-de-France enregistre +12 %.

La principale raison ? La baisse des taux d’intérêt. Ils sont passés de plus de 4,2 % en décembre 2023 à 3,19 % en février 2025. Pour les acheteurs, cela veut dire des mensualités plus légères ou une capacité d’emprunt un peu plus élevée. Résultat : certains ménages qui avaient renoncé à acheter en 2023 se remettent à chercher activement un bien.

Les appartements attirent particulièrement les acheteurs, avec une hausse de la demande de 18 %, contre 11 % pour les maisons. Ce retour en force des appartements s’explique souvent par un budget plus serré et des frais d’entretien plus faibles. Dans les grandes villes, c’est aussi un choix pratique pour rester proche des services, des transports et de l’emploi.

Des ventes qui augmentent mais pas partout au même rythme

La reprise de la demande s’accompagne d’une hausse du nombre de ventes. À l’échelle nationale, le volume des transactions a augmenté de 12 % par rapport au premier trimestre 2024. Paris affiche +8 %, les régions +12 % et l’Île-de-France +13 %. Cette dynamique est plus modérée depuis janvier, avec une hausse de 4 % sur trois mois.

Ce sont surtout les secundo-accédants (ceux qui achètent pour la deuxième fois ou plus) qui font tourner le marché, représentant 53 % des achats. Les primo-accédants (ceux qui achètent pour la première fois) reprennent un peu d’espace avec 31 % des ventes, alors que les investisseurs restent prudents (16 %).

Même si les ventes repartent, elles restent souvent longues à se concrétiser. En moyenne, il faut compter 98 jours pour finaliser une transaction, soit deux jours de plus qu’il y a un an. En Île-de-France, les délais atteignent 101 jours. Paris fait figure d’exception : avec seulement 80 jours en moyenne, les ventes s’y concluent plus rapidement, faute d’offre disponible.

Une offre qui ne suit pas partout, surtout à Paris

Côté vendeurs, la situation est plus contrastée. Globalement, l’offre a augmenté de 10 % en un an. Les régions et la grande couronne parisienne affichent respectivement +9 % et +12 %. Ce regain s’explique par un plus grand nombre de maisons mises en vente et des délais plus longs qui augmentent le stock disponible.

Mais Paris échappe à cette tendance. Dans la capitale, l’offre a chuté de 7 % sur un an, et de 5 % rien que depuis janvier. Pourquoi ? Parce que certains vendeurs espèrent une remontée des prix et préfèrent attendre. D’autres, faute de pression financière, ne se pressent pas pour vendre. En parallèle, les petites surfaces, très recherchées, partent très vite, ce qui accentue la pénurie.

Cette situation déséquilibrée crée une tension sur les prix. À Paris, les biens bien situés, en bon état et correctement estimés trouvent rapidement preneur. Ailleurs, les délais s’allongent, surtout pour les grandes surfaces et les logements énergivores.

Des prix qui se stabilisent, voire repartent légèrement à la hausse

Après deux années de baisse, les prix semblent enfin se stabiliser. Sur un an, le prix moyen au mètre carré en France est quasiment inchangé (-0,3 %), autour de 3 293 euros. À Paris, les prix sont toujours en recul sur un an (-2,2 %), mais ils ont légèrement progressé depuis janvier (+0,3 %).

Dans les régions, les prix augmentent doucement (+0,8 % depuis janvier), notamment dans des villes comme Toulouse, Lille ou Nice. En Île-de-France, les prix continuent à baisser légèrement depuis le début de l’année, surtout dans les départements comme les Hauts-de-Seine ou la Seine-Saint-Denis.

Le marché semble donc entrer dans une phase d’équilibre : les hausses excessives d’avant 2022 sont terminées, et les baisses marquées de 2023-2024 ralentissent nettement.

Moins de négociations, mais des prix mieux ajustés dès le départ

Autre signe de changement : les marges de négociation entre le prix affiché et le prix final baissent. Elles sont passées à 4,72 % en moyenne, contre 5,9 % à la fin de 2024. Cela veut dire que les vendeurs fixent des prix plus réalistes, évitant ainsi de longues négociations.

À Paris, cette marge est encore plus faible, autour de 3,8 %, en raison de la rareté de l’offre. Dans les régions et en Île-de-France, les marges sont un peu plus élevées (4,7 % et 4,9 %), mais elles diminuent aussi. Le marché semble donc mieux calibré, avec des prix plus proches de la réalité.

À noter également : le prix moyen des ventes a baissé en trois ans, passant de 268 000 euros à 242 000 euros. Cela montre que les acheteurs se dirigent vers des biens plus modestes, mieux adaptés à leur budget.

La confiance des Français repart doucement

Malgré les incertitudes, la confiance revient progressivement. Selon une enquête IFOP menée en mars 2025, plus de la moitié des Français s’attendent à une stabilisation ou à une amélioration du marché dans l’année à venir. L’an dernier, seuls un tiers partageaient cet avis.

Les livrets d’épargne et l’assurance vie restent en tête des placements préférés, mais l’immobilier conserve une solide troisième place. Environ 13,5 % des sondés envisagent un achat dans les six mois, contre 9 % l’an dernier. Cette progression confirme le retour d’un certain optimisme.

Ce regain d’intérêt reste néanmoins fragile. L’instabilité politique, les coûts de l’énergie, les normes environnementales et les incertitudes fiscales freinent encore certains projets. Mais les acheteurs les plus motivés avancent, souvent bien préparés et exigeants.

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