La France prévoit 75 % de médecins en plus d’ici 2060

La France devrait compter 30 % de médecins supplémentaires d’ici 2040 et jusqu’à 75 % de plus en 2060, selon les projections publiées mardi par la Drees

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La France prévoit 75 % de médecins en plus d’ici 2060 © journaldeleconomie.fr

La pénurie actuelle de médecins en France pourrait s’atténuer dans les prochaines décennies. Selon une étude publiée le 6 octobre 2026 par la Drees, la France devrait voir son nombre de médecins augmenter de manière significative. Les projections anticipent une hausse de 30 % d’ici 2040 et de 75 % d’ici 2060, comparativement aux 261 800 médecins et étudiants actuels.

L’étude de la Drees repose sur plusieurs hypothèses, notamment le maintien du flux de formation actuel. Chaque année, environ 12 200 étudiants entreraient en deuxième année de médecine, et 2 500 praticiens diplômés hors UE seraient intégrés dans le système de santé français. Dans ce cadre, le nombre de médecins et internes en activité de moins de 70 ans atteindrait 351 300 en 2030, puis 464 200 en 2060.

Variantes des projections selon les politiques de formation et d’intégration

Outre le scénario central, la Drees examine d’autres options politiques. Sans l’intégration de médecins diplômés hors UE, les effectifs atteindraient 400 800 en 2060, soit une augmentation d’un peu plus de 50 % par rapport à aujourd’hui. Cette contribution souligne l’importance des professionnels formés à l’étranger pour la démographie médicale française.

Si le nombre d’étudiants accédant à la deuxième année passait à 9 200 en 2031, le total des médecins en 2060 serait de 401 800, proche du scénario sans praticiens étrangers. En revanche, augmenter les admissions à 15 200 étudiants en 2031 porterait le nombre à 527 700 en 2060, doublant ainsi les effectifs actuels. Cependant, la Drees précise que « ces projections ne constituent pas des prévisions, mais permettent d’étudier les effets de différents scénarios », comme le rapporte Nice-Matin.

Trajectoire influencée par les effectifs existants

L’analyse de la Drees souligne l’inertie de la démographie médicale. Étant donné la durée des études de médecine, « la démographie médicale attendue en 2040 est en grande partie déjà déterminée par le nombre actuel de médecins en exercice et d’étudiants en médecine », indique le rapport. Les praticiens de 2040 sont en grande partie déjà en formation ou en exercice. Les réformes récentes, comme la suppression du numerus clausus en 2020 et du numerus apertus en 2025, commencent à avoir des effets. Les étudiants formés depuis ces réformes renforceront progressivement les rangs des praticiens actifs.

Défis de l’accès aux soins et de la répartition territoriale

L’augmentation des médecins est prometteuse, mais ne résoudra pas tous les problèmes d’accès aux soins. Environ 9 millions de Français sont touchés par la désertification médicale, qui concerne 87 % du territoire. L’enjeu réside aussi dans la répartition géographique et la spécialisation des médecins. Les zones rurales et périurbaines risquent de rester sous-dotées sans politiques incitant les jeunes diplômés à s’y installer. Le vieillissement de la population accentue également la demande de soins, notamment pour les pathologies chroniques. L’augmentation des effectifs médicaux doit s’accompagner d’une adaptation de l’offre aux besoins démographiques et épidémiologiques.

Contribution essentielle des médecins formés hors UE

L’étude de la Drees met en avant le rôle crucial des médecins diplômés hors UE. Avec 2 500 intégrations annuelles, ces professionnels aident à combler les départs à la retraite et à soutenir la croissance des effectifs. Sans leur apport, la hausse prévue passerait de 75 % à environ 50 % en 2060. Cependant, l’intégration de ces médecins soulève des questions d’organisation et de reconnaissance des qualifications. Les procédures d’équivalence et d’adaptation au système français doivent être efficaces pour attirer ces talents dans un contexte de concurrence internationale pour les professionnels de santé.

Incertaines projections à long terme et décisions politiques futures

Après 2040, les projections de la Drees deviennent plus incertaines et dépendent des décisions politiques à venir. Ajuster le nombre d’étudiants en médecine est un levier puissant, mais nécessite une vision prospective. Former trop de médecins pourrait être coûteux, tandis qu’en former trop peu perpétuerait les tensions actuelles.

L’augmentation attendue des médecins est une occasion de réorganiser le système de santé français. Plutôt que de reproduire les schémas actuels, marqués par une concentration urbaine et des inégalités territoriales, les prochaines décennies pourraient permettre de créer un réseau plus équilibré.

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