Livret A à 1,9% dès le 1er août : pourquoi votre banquier ne vous expliquera pas ce que ça change vraiment pour votre épargne

La décollecte record sur le Livret A et le LDDS annonce un avenir incertain pour l’épargne réglementée.

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Livret A à 1,9% dès le 1er août : pourquoi votre banquier ne vous expliquera pas ce que ça change vraiment pour votre épargne
Livret A à 1,9% dès le 1er août : pourquoi votre banquier ne vous expliquera pas ce que ça change vraiment pour votre épargne © journaldeleconomie.fr

L’épargne réglementée en France repose surtout sur le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d’épargne populaire (LEP). Depuis mai 2026, la donne change. La Caisse des dépôts (CDC) constate une décollecte sur ces produits, alors que les ménages se tournent davantage vers l’assurance-vie. Ce report tient à l’environnement macroéconomique et aux attentes de rendement, et il concerne autant les épargnants que l’économie française.

Décollecte record sur le Livret A et le LDDS

En mai 2026, le Livret A a enregistré un retrait net de 630 millions d’euros, du jamais-vu depuis mai 2009. Avec environ 58 millions de comptes, son encours total atteignait 444,6 milliards d’euros à la fin du mois.

Ce repli s’explique en partie par le taux de 1,5 %, inchangé depuis février 2026, même si certains scénarios évoquent une hausse vers 2 %. Le LDDS, qui partage le même taux de rémunération, a connu le même sort : les retraits ont dépassé les dépôts de 140 millions d’euros, ce qui ramène l’encours à 164,9 milliards d’euros.

Ensemble, le Livret A et le LDDS pesaient 609,5 milliards d’euros fin mai 2026. Pour l’économiste Philippe Crevel, « le taux théorique du Livret A ressortirait à environ 1,9 % » si l’on tient compte de l’inflation et du taux Ester.

Le LEP et pourquoi l’assurance-vie attire

Le LEP, mieux rémunéré avec un taux de 2,5 % et accessible sous conditions de ressources, a vu son encours reculer légèrement, de 30 millions d’euros, pour s’établir à 83,6 milliards d’euros. Le gouvernement pourrait porter ce taux jusqu’à 3 %, ce qui le rendrait plus intéressant encore pour certains ménages, confirme MoneyVox.

En parallèle, l’assurance-vie progresse et figure parmi les alternatives au Livret A. En avril 2026, les cotisations sur ces contrats ont atteint 17,6 milliards d’euros, un record d’après France Assureurs. Les rendements plus élevés qu’ils affichent poussent les ménages à y placer une partie de leur épargne.

Ce que change la situation macroéconomique

L’épargne dépend des grands dossiers macroéconomiques, qu’il s’agisse d’une possible remontée des taux d’intérêt ou du relèvement des taux directeurs par la Banque centrale européenne (BCE). Ces facteurs pèsent directement sur les décisions des épargnants.

La règle de fixation semestrielle des taux du Livret A, qui s’appuie sur l’inflation et le taux Ester, est particulièrement scrutée, d’autant que le réajustement des taux approche. Pour l’instant, le taux du Livret A reste inchangé, alors que l’inflation est estimée à près de 3 % pour juin 2026.

Philippe Crevel ajoute que des événements exceptionnels pourraient freiner une baisse potentielle du taux du Livret A.

Projections et décisions à venir

Le gouvernement tranchera sur le taux du Livret A à la mi-juillet, en lien avec la Banque de France et son gouverneur Emmanuel Moulin, ainsi qu’avec le ministère de l’Économie dirigé par Roland Lescure. Les décisions prises alors joueront sur l’épargne des particuliers, mais aussi sur la consommation intérieure, déjà sous pression.

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