Paul Claraday a voté pour Donald Trump. Il dit désormais être contre lui, depuis que le mur frontalier a été construit sur sa propriété de Sierra Blanca, au Texas, sans son accord. La barrière s’élève à plusieurs centaines de mètres de la frontière officielle avec le Mexique, selon un reportage diffusé par TF1 le lundi 2 novembre 2026.
Les bulldozers sont arrivés sur son terrain durant l’été 2026. Quatre jours ont suffi pour ériger la barrière d’acier, sans avertissement préalable. « Ils sont arrivés par là et ont commencé à tout détruire. C’était horrible. C’est chez moi, ici. Imaginez. Un jour, quelqu’un débarque chez vous avec un bulldozer », raconte Paul Claraday dans le reportage de TF1.
Cet écart entre le mur et la frontière réelle s’explique par les risques d’inondation liés au Rio Grande, dont les abords fragiliseraient la construction. Conséquence directe pour le propriétaire texan : sa maison se retrouve désormais du côté mexicain de la barrière. « Maintenant, ma maison, elle est du côté mexicain. Il y a un problème, non ? », interroge-t-il.
L’homme n’a jamais caché avoir soutenu le président américain dans les urnes. Il le dit sans détour : « Moi, j’ai voté pour Trump. Je suis désolé, mais maintenant, je suis contre lui. Il fait n’importe quoi. »
D’autres propriétaires sous pression à Laredo
Le cas de Paul Claraday n’est pas isolé. À Laredo, au moins 60 propriétaires ont reçu des notifications en février 2026 les informant de futurs travaux sur leurs terrains, certains disposant de seulement cinq jours pour répondre aux propositions du gouvernement.
C’est le cas de Nayda Alvarez, enseignante de 54 ans, à qui l’administration a proposé 1.000 dollars pour autoriser l’accès à sa propriété. Trois options lui ont été présentées :
- un accord de vente,
- un accord de servitude,
- ou l’expropriation.
Le chantier avance malgré les oppositions
Le projet, présenté par Donald Trump comme l’une de ses principales promesses électorales, bénéficie d’un budget de 47 milliards de dollars pour achever la construction. Le rythme reste soutenu : près d’un kilomètre de mur construit chaque jour, sur un tracé qui traverse aussi bien des propriétés privées que des zones protégées.
Dans le parc national Big Bend, les travaux avaient pourtant été suspendus en août 2026, après la mobilisation des habitants et des élus locaux. Les opposants jugeaient la barrière inutile dans ce secteur isolé, où la frontière serait de toute façon infranchissable. Jake Knight, membre de l’organisation Big Bend Protection Alliance, décrit la zone comme « l’un des endroits les plus inhospitaliers des États-Unis ». L’administration Trump a porté l’affaire devant la Cour suprême.
Au Texas, le shérif Thaddeus Cleveland doute lui-même de l’efficacité d’une simple barrière physique. Il préfère l’installation de caméras de surveillance : « C’est ça dont on a besoin, plutôt que de dépenser des millions dans une barrière que les gens peuvent escalader de toute façon. »
Le chantier, destiné à freiner l’immigration clandestine, continue de diviser jusque dans le camp de Donald Trump lui-même.





