Face aux tensions internationales actuelles, le conflit en Ukraine a poussé à revoir radicalement les doctrines de production pour la défense. Pendant trente ans, l’accent a surtout été mis sur l’excellence technologique et des programmes très longs. Aujourd’hui, l’urgence du conflit a mis en avant une nouvelle nécessité : produire en masse. La vulnérabilités logistiques de l’armée française révèlent l’importance d’une stratégie de défense efficace.
Qui sont les acteurs et comment ils coopèrent
Renault Group, surtout connu pour l’automobile, a été sollicité par le ministère des Armées pour sa capacité à produire à grande échelle, explique L’Essentiel de L’Eco. Avec la PME Turgis Gaillard (spécialisée dans la conception de drones), Renault prend en charge la fabrication lourde, tandis que Turgis Gaillard s’occupe de l’architecture de défense, de l’intégration des systèmes de mission et de la liaison de données. Renault et Turgis Gaillard collaborent pour répondre à la demande croissante d’investissement dans les drones. L’État mise ici sur l’innovation industrielle en réutilisant le savoir-faire de Renault pour une production massive pouvant atteindre 600 unités par mois à l’usine du Mans.
Comment monter en puissance et innover
Pour Renault, ce partenariat n’est pas un détour : c’est une manière intelligente d’exploiter ses capacités industrielles. Le groupe insiste sur le fait qu’il ne développe pas de drones militaires. Les équipements militaires sont intégrés après la livraison des drones, ce qui permet de préserver le cœur de métier du constructeur. La méthodologie « Leap 100 » adoptée par Renault vise à réduire le développement d’un véhicule à moins de 100 semaines, un objectif aligné sur le plan « FutuREady » et qui doit placer Renault parmi les principaux déposants de brevets à l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) d’ici 2025.
La stratégie et les chiffres
Le coût unitaire du drone Chorus tourne autour de 100 000 euros, ce qui contraste fortement avec le coût horaire d’un vol en Rafale, estimé à 20 000 euros. La stratégie de Renault et de ses partenaires repose sur la réduction drastique du nombre de composants, l’utilisation de la production de masse et la modularité. La stratégie de Renault s’aligne sur la modernisation des capacités militaires pour répondre aux défis géopolitiques. La barrière entre le « standard aéronautique » traditionnel et le « standard automobile » plus agile et économique commence ainsi à s’estomper grâce à cette collaboration.


