Dans un monde où les inégalités économiques continuent de se creuser, la question de ce qui fait la richesse revient de plus en plus souvent. Le dernier rapport 2026 de l’Observatoire des inégalités apporte des chiffres pour éclairer cette question. Si le seuil de pauvreté est bien établi, il n’y avait pas de consensus aussi clair pour définir la richesse. Le rapport propose un « seuil de richesse » pour mieux saisir la répartition des revenus en France.
Comment l’Observatoire définit le « seuil de richesse »
L’Observatoire applique une méthode claire pour combler ce manque. Le seuil est fixé à « double du revenu médian« . Cette règle permet d’avoir un repère quantitatif pour évaluer la richesse en France.
Les seuils sont mis à jour annuellement, et pour 2026, ils sont les suivants :
- une personne seule est considérée comme riche avec un revenu mensuel de 4 292 euros après impôts,
- un couple sans enfant doit toucher 6 438 euros par mois,
- une famille monoparentale avec un enfant de moins de 14 ans est au seuil à 5 580 euros,
- et un couple avec deux adolescents de plus de 14 ans doit percevoir 10 730 euros pour être considéré comme riche.
Ces montants reflètent l’objectif de l’Observatoire de proposer « un outil de référence pour mieux comprendre les inégalités ».
Le rapport cible aussi une part précise de la population : 7,5 % de la population totale, soit près de 4,8 millions de personnes. Les chiffres montrent une surreprésentation des cadres supérieurs et des personnes de plus de 45 ans dans ce groupe. La localisation est déterminante : beaucoup vivent au cœur des grandes métropoles comme Paris, alors que des villes comme Marseille ou Strasbourg affichent des concentrations moindres.
Ce qui joue sur le fait d’être riche
Au‑delà du salaire, plusieurs éléments contribuent à ces niveaux élevés de richesse. Le patrimoine, l’épargne, le « coût de la vie » et le lieu d’habitation sont des facteurs importants qui peuvent fortement modifier la perception de la richesse. Par exemple, une personne peut avoir des revenus élevés sans posséder beaucoup de patrimoine. À l’inverse, un propriétaire foncier avec un patrimoine important peut afficher des revenus plus modestes, illustrant ainsi les « disparités économiques« .
Louis Maurin, directeur de l’Observatoire, souligne dans le rapport : « Être riche, étymologiquement, c’est détenir du pouvoir sur les autres ». Cette phrase montre que la richesse dépasse le seul aspect financier et influence la vie sociale et culturelle des individus et des collectivités. En abordant aussi la « richesse en diplôme », le rapport évoque le capital culturel, élargissant ainsi la notion de richesse au‑delà des chiffres.



