Dans un climat de tensions géopolitiques mondiales, l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde et présenté comme le fleuron technologique de la marine américaine, continue de faire parler de lui en mer. Ce géant des mers enchaîne les records de déploiement tout en posant beaucoup de questions sur la capacité logistique et industrielle de la flotte américaine.
Une mission prolongée, et pas mal de défis
Le déploiement en cours de l’USS Gerald R. Ford a commencé en juin 2025 depuis le port de Norfolk, en Virginie et doit durer jusqu’à la fin mai 2026, soit environ 11 mois en mer. Ce tour de force dépasse le record de l’USS Abraham Lincoln de 294 jours en 2020, même si le record historique de 332 jours détenu par l’USS Midway n’est pas encore battu.
La mission a mené le porte-avions à travers plusieurs théâtres d’opérations : la mer Méditerranée, le Venezuela pour une opération visant à capturer le président Nicolas Maduro, puis jusqu’à la mer Rouge après avoir traversé le canal de Suez. Le navire a aussi apporté un soutien aux opérations américaines au Moyen-Orient, notamment en Iran.
Pannes et incidents en mer
La longue mission n’a pas été sans embûches. Début mars, un incendie en mer Rouge a forcé un retour imprévu en mer Méditerranée pour des réparations en Grèce. Cet épisode a mis en évidence la vulnérabilité de certains systèmes du navire, notamment la fiabilité des problèmes techniques nouvelles embarquées, comme les catapultes électromagnétiques EMALS et le système d’arrêt AAG.
Des défis opérationnels sérieux ont aussi été signalés : le système de toilettes sous vide a connu un pic de 205 pannes en quatre jours en mars 2025, ce qui illustre bien les difficultés techniques auxquelles l’équipage doit faire face au quotidien.
Ce que ça change pour la logistique et les marins
Le modèle opérationnel « idéal » de la flotte américaine, basé sur des déploiements de sept mois suivis de périodes de maintenance et d’entraînement, est mis à mal par le manque de porte-avions réellement opérationnels. Aujourd’hui, même si 11 porte-avions sont répertoriés, seulement 4 à 6 sont déployés efficacement : les autres sont cloués au chantier pour maintenance ou en phase de test.
Cette situation a des conséquences humaines lourdes. Le sénateur Tim Kaine a critiqué la longueur de ces déploiements, soulignant la séparation des militaires d’avec leurs familles : « Ils devraient être chez eux avec leurs proches », a-t-il déclaré au Parisien. Cette remarque souligne la pression psychologique exercée sur les marins lors de missions prolongées.






