Téléphone au volant : votre permis suspendu pendant 15 jours

Dès le 29 septembre 2026, l’utilisation du téléphone au volant entraînera une suspension administrative du permis de conduire.

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Téléphone au volant : votre permis suspendu pendant 15 jours © journaldeleconomie.fr

Le gouvernement généralise la suspension administrative du permis de conduire pour l’usage du téléphone au volant sur l’ensemble du territoire français. Cette mesure, expérimentée depuis novembre 2025 dans une vingtaine de départements, vise à enrayer la banalisation d’une pratique qui multiplie par trois le risque d’accident. La suspension, d’une durée moyenne de quinze jours, s’ajoute à l’amende de 135 euros et au retrait de trois points.

Une infraction désormais autonome avec suspension du permis

Dès le 29 septembre 2026, l’utilisation du téléphone au volant entraînera une suspension administrative du permis de conduire. Cette décision, annoncée par Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, et Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, étend une mesure auparavant testée dans une vingtaine de départements pilotes à l’ensemble du territoire français. Les préfets seront tenus d’appliquer cette suspension systématiquement, sans attendre une autre infraction.

Le gouvernement entend contrer la banalisation de cette pratique, avouée par près de 80 % des conducteurs français. Marie-Pierre Vedrenne a affirmé, dans une interview au Figaro, que la mesure vise les conducteurs ordinaires plutôt que les récidivistes. « On peut causer un accident mortel simplement en envoyant un SMS », a-t-elle averti. Le message est clair : la distraction numérique est dangereuse.

Les statistiques de la sécurité routière soulignent l’urgence de la situation. En 2025, 3 515 décès ont été enregistrés sur les routes françaises, et entre janvier et août 2026, 2 266 personnes ont déjà perdu la vie. Le rôle de la distraction technologique dans ces accidents est de plus en plus mis en avant. En 2025, 695 360 infractions pour usage du téléphone ont été recensées, soit une augmentation de 6,7 % par rapport à 2024.

Changement dans la tolérance envers l’usage du téléphone

Auparavant, le retrait temporaire du permis nécessitait une infraction supplémentaire, comme un excès de vitesse. Désormais, la seule manipulation du téléphone suffit pour enclencher la suspension administrative, modifiant ainsi les pratiques de contrôle des forces de l’ordre et la perception des conducteurs. Cette mesure repose sur l’article L. 224-7 du Code de la route, autorisant une suspension de quinze jours à six mois, selon la gravité de l’infraction et l’historique du conducteur.

La suspension ne sera pas immédiate. Elle sera décidée par le préfet, et le conducteur pourra s’exprimer dans le cadre d’une procédure contradictoire. Marie-Pierre Vedrenne a précisé que l’objectif est de provoquer une prise de conscience, soulignant la dangerosité de l’usage du téléphone au volant.

Risques accrus liés à l’usage du téléphone au volant

Les études montrent que manipuler un téléphone au volant triple le risque d’accident. La lecture d’un message, en revanche, multiplie ce risque par vingt-trois. Cela s’explique par le fait que lire un SMS détourne le regard de la route pendant au moins cinq secondes. À 90 km/h, cela signifie parcourir 125 mètres sans regarder devant soi, soit plus qu’un terrain de football.

Malgré les campagnes de prévention, ces chiffres peinent à changer les comportements. L’usage du téléphone est devenu omniprésent, même à l’arrêt au feu rouge. L’interdiction s’applique d’ailleurs aussi bien en circulation qu’à l’arrêt temporaire. Seuls les systèmes Bluetooth intégrés sont autorisés ; les oreillettes et autres dispositifs restent interdits. Ces règles, souvent ignorées, seront désormais appliquées plus strictement.

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