Le 24 mai dernier, la Chine a encore franchi une étape dans la conquête de l’espace avec le lancement de la mission Shenzhou-23. Propulsée par la fusée Longue Marche 2-F, l’équipage de trois astronautes a rejoint la station orbitale Tiangong pour une mission d’une durée exceptionnelle. Ces nouvelles avancées renforcent la place de la Chine comme acteur incontournable sur la scène spatiale mondiale.
Une mission d’endurance pas comme les autres
La mission Shenzhou-23 vise à repousser les limites de l’endurance humaine en apesanteur. Avec un séjour prévu d’un an pour l’un des astronautes, la CNSA (Administration spatiale nationale chinoise) espère recueillir des données cliniques précieuses qui nourriront les futurs voyages interplanétaires et la colonisation lunaire.
D’après le magazine Science et Vie, le trajet vers la station Tiangong s’est déroulé sans accroc : l’amarrage a été réalisé en à peine trois heures et demie. Sur le papier, cette mission prolongée double la durée standard des séjours en orbite, habituellement limitée à six mois.
Les trois astronautes, Zhu Yangzhu, Zhang Zhiyuan et Li Jiaying, ont chacun un rôle important à tenir. Zhu Yangzhu, ingénieur spatial de 39 ans, et Zhang Zhiyuan, ancien pilote de l’armée de l’air âgé lui aussi de 39 ans, apportent leur savoir-faire technique. Li Jiaying entre dans l’histoire comme la première citoyenne de Hong Kong à voyager dans l’espace et la quatrième femme taïkonaute de l’histoire du pays ; elle est aussi connue pour son passé d’inspectrice de police.
Ce qu’ils veulent étudier et les prouesses techniques
Le séjour prolongé comprend un large panel d’expériences en biologie, physique des fluides et science des matériaux. On met particulièrement l’accent sur la dégradation musculaire en microgravité et sur la gestion psychologique de l’isolement, autant de données clés pour évaluer la faisabilité des futures missions lunaires.
Les systèmes de recyclage de l’eau et de l’air à bord de Tiangong devront rester fiables pendant toute l’année pour que ces expériences soient menées à bien.
Sur la question de l’endurance, la mission chinoise se place face aux références historiques : Valeri Polyakov a passé 437 jours sur Mir, et Frank Rubio a totalisé 371 jours sur l’ISS. En consacrant un an à l’un des taïkonautes, la Chine cherche à dépasser son propre record national et à montrer qu’elle peut conduire des missions de longue durée.






