Lisez-moi mesdames, car je vais écrire sur vous et le plaisir que vous procurez alors même que les repères tendent à se perdre entre les genres et les sexes.
Lisez-moi mesdames, car ce que je vais écrire peut nous faire revenir en arrière, un temps où certaines questions ne se posaient pas de même que les transitions au gré d’envies.
Lisez-moi mesdames, pour vous rappeler que les comportements masculins ne sont pas nécessairement synonymes de harcèlement ou d’agression. Nul masculinisme malvenu ou machisme démodé dans mes mots.
Lisez-moi mesdames en ces jours printaniers qui vous voient arpenter les rues avec grâce et légèreté pour le plus grand plaisir de nos sens.
Lisez mesdames les propos d’un homme ravi par « les jambes des femmes (qui) sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie ». Le Truffaut de 1977 nous manque assurément. Aurait-il été censuré ? Rien n’est moins sur aujourd’hui.
Lisez-moi mesdames, car ces semaines estivales vous sont assurément dédiées et il faut nous laisser le plaisir de les partager avec vous.
Jean Ferrat a si bien chanté le plaisir de celui « qui meurt d’aimer » et qui, à vous voir, ne peut dire que « c’est beau la vie ».
Le plaisir, même distant, de vous regarder n’a pas d’égal. Chaque été « c’est toujours la première fois » d’être charmé et de se dire que vous êtes belles et réellement admettre que « la femme est l’avenir de l’homme ».
Il est dommage parfois de conserver ces mots pour soi de peur qu’ils soient mal interprétés car toute femme, sortant embellie de chez elle, ne le fait pas que pour elle. Sacha Guitry avait théorisé en son temps que « le plus grand plaisir d’une femme est celui qu’elle donne », il est vrai que, 90 ans après, ces propos ne sonnent plus de la même façon et pourtant.
Laissez-moi vous dire que vous êtes belle dès que vous nous permettez de laisser notre imagination vagabonder à vous voir rythmant à chacun de vos pas le dévoilement de vos jambes.
Laissez-moi vous dire que vous êtes belle au volant de vos voitures ou pédalant dans nos rues, vos jupes relevées sur des cuisses bronzées, entraperçues en vous frôlant à pied ou à vélo, attrapant au passage un regard qui n’est pas toujours désapprobateur.
Je suis heureux de vivre à Paris et non à Kaboul.
Laissez-moi vous dire aussi que cette mode du « no bra » me réjouit. Elle donne à vos silhouettes un rythme charmant épousant celui de votre cœur ou de vos humeurs. Je pense que cette mode doit aussi intéresser Nicolas Guéguen, chercheur en sciences du comportement à l’université de Bretagne-Sud dont les expériences sur l’attractivité des femmes en fonction de leur tour de poitrine, de la couleur de leurs cheveux ou de leurs vêtements, où la hauteur de leurs talons peuvent, en effet, faire passer les hommes pour relativement rudimentaires dans leurs critères de choix et d’attirance (cf. Guide de la parfaite auto-stoppeuse).
Alors oui mesdames, laissez-moi vous encenser et savourer votre présence.
Pour cela il faut se mettre dans les meilleures conditions, à une terrasse judicieusement choisie, il faut de justes choix et ne pas lésiner quant aux moyens. Quitte à « mourir au soleil » un soir d’été à Paris en observant de beautés passagères donnant envie de leur dire « nous dormirons ensemble »…(Ferrat quand tu nous tiens)…il faut un excellent rhum et un délicieux cigare.
Pour le rhum, une fois n’est pas coutume, je ferai une infidélité aux productions ultramarines françaises pour aller aux sources des cigares à savoir Cuba, et commander un Iconica Gran Reserva 15 ans d’âge. Ce rhum est dans toutes ses composantes un délice, sa couleur signale son âge et sa douceur, à la dégustation il envahit le palais de notes fruitées, vanillées et compotées. Si personnellement je le casse avec un glaçon, loin de l’affadir cela lui permet d’exhaler encore plus de parfums qui rendent sa dégustation inoubliable.
Pour que le plaisir soit durable il faudra accompagner ce rhum d’un cigare cubain, un Piramides de Juan Lopez que l’on m’a offert d’Andorre. Une merveille avec des saveurs qui s’accommodent admirablement avec celles du rhum. L’alliance des deux productions cubaines permettrait de se rappeler qu’une des chansons de Ferrat s’intitulait Cuba Si ! On ne peut que le rejoindre et savourer ce temps qui suspendrait son vol à ces heures de début de soirée propices aux fugaces délices.

