Dette : la France emprunte plus cher que certaines entreprises

Certaines grandes entreprises du pays empruntent désormais moins cher que l’État Français lui-même, une situation inédite.

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Dette : la France emprunte plus cher que certaines entreprises © journaldeleconomie.fr

C’est une situation inédite en France. Pour la première fois, l’État français emprunte à des taux plus élevés que certaines grandes entreprises françaises comme le géant LVMH. Preuve que la situation économique et la dette du pays ne rassurent pas les prêteurs.


Face au mur de la dette, la France emprunte plus cher que LVMH


Depuis plusieurs mois, la dette française est au cœur des débats économiques en raison de son poids massif. Elle représente aujourd’hui plus de 113 % du PIB selon les chiffres les plus récents. Sans oublier le coût croissant de ses emprunts sur les marchés. Le marché financier perçoit aujourd’hui une différence majeure de risque entre la France et les grandes entreprises de l’Hexagone. Selon Goldman Sachs, le taux d’intérêt auquel empruntent certaines grandes entreprises françaises est plus bas que le taux auquel l’État français lui-même emprunte, reflétant cette préférence des investisseurs pour des signatures jugées plus solides, ou du moins plus prévisibles.


La situation s’explique aussi par la dégradation de la note de crédit de la France. L’agence Fitch l’a abaissée à « A+ » récemment, mettant en lumière les inquiétudes autour de la trajectoire budgétaire et de l’excès d’endettement de l’État. En clair, les prêteurs estiment que la parole de Bernard Arnault est plus solide que celle de Bercy lorsque le patron du groupe de luxe LVMH emprunte sur les marchés financiers.


Par ailleurs, d’autres grandes entreprises comme Airbus ou L’Oréal sont dans cette même situation. Elles bénéficient d’une forte diversification géographique, de marges bénéficiaires stables, d’équipes dirigeantes expérimentées, et d’un accès direct aux marchés internationaux. Elles sont donc vues comme moins exposées aux aléas politiques ou budgétaires internes, lesquels pèsent lourdement sur la crédibilité souveraine.


Conséquences pour la France et les entreprises


D’abord, l’État français se trouve dans une position paradoxale : responsable fiscal, mais maintenant considéré comme plus risqué que certaines entreprises. Cela alourdit le coût de la dette souveraine, d’autant plus que la France emprunte sur des volumes importants (émissions d’OAT) pour financer ses déficits et refinancer sa dette arrivée à échéance. La charge de la dette, c’est-à-dire les intérêts annuels à payer, grimpe progressivement.


En revanche, pour les entreprises, cette situation inédite est très bénéfique. Pour les plus solides, c’est une opportunité : elles captent des conditions de financement plus favorables, ce qui leur permet d’investir plus librement, d’anticiper des projets à long terme, ou de refinancer à coût moindre.
Pour sortir de l’ornière, les solutions de la France ne sont pas légion. Il faut, à tout prix, réduire les dépenses. Sauf que dans le contexte politique actuel, la tâche du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu s’apparente à un long chemin de croix, à nouveau.

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