L’Union européenne se retrouve aujourd’hui sous une lumière peu flatteuse en France. Longtemps vue comme un pilier de la stabilité régionale, l’UE suscite de plus en plus de scepticisme chez les Français, et l’élection présidentielle de référendum tacite sur l’Europe pourrait bien se transformer en référendum tacite sur l’Europe. La France, pourtant membre fondateur, s’interroge sur la place qu’elle veut donner à la construction européenne.
Ce que disent les sondages
Les derniers sondages offrent un portrait contrasté. L’enquête Eurobaromètre, publiée le 4 février, note que 38 % des Français ont une image positive de la construction européenne, tandis que 53 % la jugent « une bonne chose ». À titre de comparaison, la moyenne européenne pour ce sentiment est de 62 %, ce qui montre un décalage notable.
Une étude d’OpinionWay, dans le cadre de la 17e vague du Baromètre de la confiance politique, indique que seulement 9 % des Français pensent qu’il faut donner plus de pouvoirs à l’UE pour résoudre les problèmes nationaux. Ces chiffres traduisent une tendance au repli national, plus marquée en France que dans des pays voisins comme l’Italie, l’Allemagne ou le Royaume-Uni.
Les politiques : qui dit quoi
Dans les débats politiques sur l’UE, des figures comme Marine Le Pen et Jean‑Luc Mélenchon tiennent une grande place. Le « pouvoir tribunitien » de la première et la popularité du second montrent la difficulté des partis pro-européens à capter l’électorat populaire. Une partie de la droite républicaine remet aussi en question la primauté de certains traités européens sur le droit national.
Historiquement, Philippe Séguin avait exprimé ses inquiétudes en 1992 au sujet de la monnaie unique, affirmant qu’elle constituerait « la négation du politique ». Aujourd’hui, les projets de retour au franc ne figurent plus en tête des priorités du Rassemblement national et de La France insoumise, mais la défiance envers l’Europe reste bien présente.
L’euro et les débats économiques
La création de l’euro et sa gestion par la Banque centrale européenne ont longtemps alimenté les discussions en France. L’euro a évité des dévaluations humiliantes du franc face au deutsche mark (ancienne monnaie allemande) et permis de soutenir un modèle social généreux mais déficitaire, mais il demeure une source de critiques. Lors de la campagne référendaire de 2005 sur le traité constitutionnel européen, Jean‑Luc Mélenchon dénonçait « la soumission de la France à l’ordolibéralisme allemand », un argument qui résonne encore chez certains électeurs.





