Le gouvernement chilien a lancé un projet ambitieux pour ériger une barrière physique à sa frontière nord avec le Pérou. Baptisé « Plan Bouclier frontalier » ou « Escudo Fronterizo », il vise à mieux contrôler l’immigration irrégulière. Les travaux ont officiellement débuté le lundi 16 mars, avec une approche stricte et bien organisée, marquant une action visible face aux défis migratoires de la région.
Déploiement et détails du projet
Les travaux ont démarré dans la région d’Arica y Parinacota, le long de la frontière avec le Pérou, une zone stratégique marquée par le désert d’Arica. D’une longueur totale prévue de plus de 520 kilomètres, la barrière comprendra des murs atteignant 5 mètres de hauteur et des tranchées de 3 mètres de profondeur, explique la BBC.
Ce chantier, bien visible depuis la Route Panaméricaine, s’étend de Chacayuta jusqu’à Colchane. Il sera doté de points de contrôle et de surveillance à Chacalluta et Antofagasta, sous la supervision des forces militaires.
Lors de la cérémonie de lancement présidée par José Antonio Kast, président du Chili, environ 600 militaires ont été mobilisés pour assurer la sécurité et le bon déroulement du projet, soit le double de la dotation habituelle dans la région. Le chef de l’État était accompagné par Trinidad Steiner, ministre de la Sécurité, et d’autres hauts responsables.
Les objectifs et les mesures en plus
L’objectif principal affiché est de freiner l’entrée irrégulière d’immigrants, une question sensible pour une partie importante de la population. Carlos Escaf, analyste international, souligne que le plan répond à la « sensibilité du citoyen de base, qui exige sécurité et contrôle migratoire ».
Le dispositif ne se limite pas aux barrières physiques. Outre la construction, le gouvernement prévoit de durcir la législation sur l’immigration irrégulière. Une intensification des contrôles est prévue, visant les personnes qui transportent, hébergent ou emploient des migrants en situation irrégulière. Un projet de loi cherche aussi à criminaliser ces activités, en ciblant notamment les propriétaires-bailleurs et les employeurs de migrants non régularisés.




