Dans un avion, certains objets du quotidien peuvent devenir un vrai sujet de sécurité. Le déroutement d’un vol EasyJet vers Rome le rappelle : une simple batterie, placée au mauvais endroit, peut suffire à bouleverser tout un trajet.
La batterie externe, nouvel angle mort du voyageur pressé
Le geste paraît anodin avant de prendre l’avion. Avant d’enregistrer sa valise, on branche un téléphone sur une batterie externe, on referme le bagage et l’on pense gagner quelques heures d’autonomie. En réalité, ce réflexe concentre presque tout ce que les règles aériennes cherchent à éviter : une batterie lithium active, enfermée dans un espace inaccessible, au milieu d’autres bagages.
C’est ce qui a conduit le vol EasyJet EZY2618 à interrompre sa route. L’appareil avait quitté Hurghada, en Égypte, à destination de Londres-Luton, lorsque l’équipage a été informé de la présence d’une batterie externe en cours d’utilisation dans un bagage en soute. Le commandant de bord a choisi de rejoindre l’aéroport de Rome-Fiumicino, par précaution. Selon People, l’avion a atterri sans incident, mais les passagers ont dû patienter avant d’être réacheminés vers le Royaume-Uni.
EasyJet a confirmé l’incident dans une déclaration rapportée par Business Insider : « Le vol EZY2618 entre Hurghada et Luton, le 19 mai, a été dérouté vers Rome-Fiumicino après que l’équipage a été informé qu’une batterie externe était en train de charger un appareil dans un bagage. » La compagnie a ajouté que la décision avait été prise « conformément aux règles de sécurité ». Il ne s’agit donc pas d’un excès de prudence improvisé, mais d’une application stricte des procédures.
L’affaire a de quoi surprendre les passagers, car la batterie externe est devenue un objet banal. Elle accompagne les longs trajets, les correspondances, les voyages en famille et les retours de vacances. Mais dans le transport aérien, ce petit accessoire relève des marchandises dangereuses lorsqu’il contient une batterie lithium. La difficulté n’est pas seulement sa présence à bord : c’est son emplacement, son état et son usage au moment du vol.
En cabine, l’équipage peut agir ; en soute, il subit
Une batterie externe doit rester en cabine. L’Association internationale du transport aérien, plus connue sous son sigle IATA, rappelle aux passagers : « Ne placez jamais de batteries de rechange ou de batteries externes dans un bagage enregistré. » L’objectif est simple : conserver ces objets visibles, accessibles et contrôlables dans l’avion.
Une batterie lithium peut chauffer, fumer ou s’enflammer si elle est endommagée, de mauvaise qualité, mal protégée ou en court-circuit. En cabine, un passager ou un membre d’équipage peut repérer rapidement un problème. Le personnel de bord peut isoler l’appareil, intervenir, surveiller son évolution et éviter que l’incident ne s’aggrave. Dans la soute, le problème change d’échelle : l’objet est enfermé, inaccessible, et l’intervention directe devient impossible pendant le vol.
La Civil Aviation Authority britannique précise que les batteries externes doivent être transportées en bagage cabine, être protégées individuellement lorsqu’elles ne sont pas utilisées et ne doivent pas être rechargées à bord. L’autorité indique également qu’elles ne devraient pas servir à recharger d’autres appareils pendant le vol. Dans ses règles actualisées, la CAA fixe aussi une limite générale de deux batteries externes par passager.
Cette évolution réglementaire s’inscrit dans un mouvement plus large. L’Organisation de l’aviation civile internationale a adopté de nouvelles restrictions applicables depuis le 27 mars 2026. L’OACI précise que ces appareils sont désormais limités à deux par passager et que leur recharge pendant le vol est interdite.
Ce que ce déroutement dit des nouvelles règles de voyage
L’incident EasyJet montre surtout que les règles de sécurité ne sont pas toujours comprises au moment où elles comptent vraiment : avant l’enregistrement du bagage. Beaucoup de voyageurs savent qu’une batterie externe peut être emportée en avion. Beaucoup moins savent qu’elle doit rester avec eux, en cabine, et qu’elle ne doit pas être utilisée depuis un bagage en soute.
Le cas des bagages cabine envoyés en soute à la porte d’embarquement mérite aussi l’attention. Lorsqu’un vol est plein, une valise cabine peut être récupérée par la compagnie au dernier moment pour être placée en soute. Dans ce cas, le passager doit retirer les batteries externes, cigarettes électroniques et batteries lithium de rechange avant de confier son bagage. EasyJet indique aussi que, pour les bagages connectés, la batterie lithium ou la batterie externe doit être retirée si le bagage est placé en soute. Si elle ne peut pas être retirée, le bagage peut être refusé.
L’IATA insiste sur la protection contre les courts-circuits. Les bornes d’une batterie doivent être couvertes ou la batterie placée dans une pochette adaptée. La consigne peut sembler technique, mais elle répond à un risque très concret : dans un sac ou une valise, une batterie peut entrer en contact avec des clés, des pièces ou d’autres objets métalliques. Un simple contact malheureux peut suffire à créer une surchauffe.
Pour les passagers, les bons réflexes sont donc les suivants : garder les batteries externes en cabine, vérifier leur capacité avant le départ, ne pas transporter de batterie gonflée ou abîmée, éviter de charger un appareil pendant le vol si la compagnie l’interdit, et retirer toute batterie lithium d’un bagage cabine placé en soute.
Le vol EasyJet n’a pas connu d’incendie. Mais l’épisode a suffi à transformer un trajet direct en interruption de voyage, avec atterrissage imprévu, prise en charge des passagers et retard important.




