Pourquoi beaucoup de gens achètent le mauvais jambon sans le savoir : 12 additifs séparent deux tranches qui se ressemblent en rayon

Saviez-vous que certains jambons peuvent contenir moins de 72 % de viande ?

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Pourquoi beaucoup de gens achètent le mauvais jambon sans le savoir : 12 additifs séparent deux tranches qui se ressemblent en rayon
Pourquoi beaucoup de gens achètent le mauvais jambon sans le savoir : 12 additifs séparent deux tranches qui se ressemblent en rayon © journaldeleconomie.fr

Le jambon passe pour un produit banal de nos assiettes. Pourtant, en regardant l’étiquette de près, on trouve des écarts surprenants. Deux tranches qui se ressemblent et coûtent le même prix peuvent n’avoir rien à voir : l’une est chargée d’additifs, l’autre n’en contient pas. L’information figure en tout petit, presque illisible, mais elle suffit à changer une façon de faire les courses. Voici comment lire les étiquettes de la charcuterie.

Additifs et marketing : ce qui se cache derrière l’étiquette

Depuis que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les viandes transformées comme cancérogènes en 2015, et que l’ANSES a confirmé les risques liés aux nitrites en juillet 2022, la méfiance des consommateurs grandit. En 2024, une loi impose de réduire encore les additifs nitrés dans l’alimentation. Un simple E249 à E252 ou la mention « sel nitrité » signale pourtant leur présence, même à doses diminuées. L’écart se voit à l’œil nu entre le jambon bien rose, qui se conserve des mois, et le jambon plus gris, qui mise sur le naturel mais tient moins longtemps.

Le « Code des usages de la charcuterie » distingue trois niveaux de qualité. Le jambon supérieur n’accepte que cinq additifs au maximum, le choix jusqu’à onze, le standard jusqu’à douze. Le supérieur, qui pèse plus de 70 % du marché, écarte certains additifs comme les polyphosphates et les gélifiants, contrairement au standard. Parmi les additifs pointés du doigt figurent le nitrite de sodium (E250), mais aussi des protéines tirées du sang de porc, de la couenne déshydratée et du sirop de glucose.

Ce que révèle une enquête et ce que disent les chiffres sur la santé

Une analyse de l’association belge Test Achats portant sur 34 jambons a montré que certains produits contenaient moins de 95 % de viande, l’un d’eux à peine 72 %. Le reste se composait d’eau, de plasma de porc et de divers stabilisants. En 2015, le CIRC a estimé que la charcuterie est à l’origine de plus de 4 380 nouveaux cas de cancer par an en France. Manger 50 g de charcuterie par jour augmenterait le risque de cancer colorectal de 18 %. Pour limiter ce risque, Santé Publique France recommande de rester sous 150 g de charcuterie par semaine. Deux Français sur trois dépassent pourtant cette limite de consommation charcuterie.

Les nitrites et les nitrates servent à la fois de conservateurs antimicrobiens et de colorant, puisqu’ils donnent à la viande sa teinte rose, mais ils présentent aussi des risques sanitaires. On les injecte en général en saumure dans la viande avant cuisson. Sans ce traitement, le jambon vire au gris, un peu comme un rôti non coloré.

Le boom du « sans nitrite » : ce qu’il faut surveiller

Le marché du « sans nitrite » a explosé, avec une hausse de 460 % entre 2019 et 2024. Ces produits représentent aujourd’hui 9 % à 10 % de la valeur totale du marché français et restent très demandés, malgré un prix souvent plus élevé. Les industriels remplacent parfois les nitrites classiques par des extraits de légumes riches en nitrates qui, sous l’action d’un ferment bactérien, se transforment en nitrites. Même quand l’étiquette affiche « sans nitrite ajouté », l’ANSES appelle à la prudence : le procédé peut aboutir à des niveaux de nitrites équivalents.

Mieux vaut donc lire la liste des ingrédients que se fier au seul prix. Des mentions comme « bouillon de céleri » ou « poudre d’épinards » aident à repérer les étiquettes trompeuses. Un jambon réellement sans nitrites se reconnaît souvent à sa couleur grisâtre, à sa texture plus ferme et à sa conservation plus courte.

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