L’Organisation maritime internationale (OMI) a annoncé un plan d’évacuation pour secourir plus de 11 000 marins bloqués dans le golfe Persique, alors que le détroit d’Ormuz reste un passage clé du commerce maritime mondial. L’initiative arrive après plusieurs mois de conflit au Moyen-Orient et fait suite à une situation de sécurité maritime dégradée. Le but est de lever les contraintes techniques et diplomatiques qui empêchent la reprise normale des opérations, et donc d’éviter des conséquences économiques lourdes.
Situation géopolitique et maritime tendue
L’annonce de l’OMI, faite le mardi 23 juin, intervient dans un contexte aggravé par le blocage effectif du détroit d’Ormuz. La semaine précédente, la signature d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran a ouvert une perspective d’amélioration du trafic. Le détroit a été traversé par au moins 36 navires le lundi 22 juin, l’un des niveaux les plus élevés jamais enregistrés. Les États-Unis et l’Iran, signataires de l’accord, jouent un rôle central dans l’organisation du plan d’évacuation.
Le détroit d’Ormuz est un point de passage pour les navires du golfe Arabique. Les eaux territoriales omanaises servent d’option sud, tandis que les eaux iraniennes ouvrent une voie au nord, qui laisse passer les plus gros bâtiments. La sécurité de ces trajets repose sur une coopération entre Oman et les États-Unis. La France et le Royaume-Uni ont été sollicités pour participer à une mission internationale.
Comment l’évacuation va se dérouler
Plusieurs mesures techniques sont prévues. Les armateurs devront présenter des garanties précises à leurs assureurs pour autoriser la sortie des navires. Ces garanties comprennent :
- des dispositifs de sécurité renforcés,
- le contact avec la marine nationale du pavillon des navires,
- et la présence d’équipes de sûreté à bord.
Selon Emmanuel Chalard, secrétaire général de la Fédération des officiers de la Marine marchande, les navires seront contactés un par un, même si l’ordre d’évacuation reste à définir pour éviter la saturation des passages, rapporte TF1 Info.
La mise en œuvre se heurte aussi à des défis opérationnels : contraintes de navigation et brouillage GPS persistant, qui oblige les commandants à revenir à des méthodes traditionnelles comme le compas et la carte. Arsenio Dominguez, secrétaire général de l’OMI, a indiqué que les « garanties de sécurité nécessaires » avaient été obtenues, une nouvelle bien accueillie par les marins encore bloqués, dont une cinquantaine de Français.
Ce qui s’annonce et les enjeux
La situation reste fragile. Des tentatives antérieures de rouvrir le passage ont échoué et certains navires ont été pris pour cible par des tirs. L’OMI dit vouloir mener le plan à terme pour que les marins reprennent une activité normale, avec pour objectif la restauration complète du trafic commercial dans la zone.
L’opération repose sur une coopération internationale qui touche aujourd’hui le secteur maritime. Les marins attendent la mise en œuvre complète du plan, et plusieurs États cherchent des solutions diplomatiques et techniques durables pour limiter le risque de nouvelles crises.






