Trump menace de « terribles » répercussions économiques contre les alliés de l’Iran

Trump promet une riposte économique inédite contre l’Iran, tandis que le baril grimpe et qu’Ormuz reste sous tension. Six mois de guerre, zéro dialogue, et un pétrole qui flambe. Où cela s’arrête-t-il ?

Publié le
Lecture : 3 min
Trump menace de « terribles » répercussions économiques contre les alliés de l'Iran
Trump menace de « terribles » répercussions économiques contre les alliés de l’Iran © journaldeleconomie.fr

Donald Trump, président des États-Unis, a averti mercredi 19 août 2026 au soir sur son réseau Truth Social que tout pays qui permettrait à ses institutions financières, à ses entreprises, à ses aéroports ou à ses entités gouvernementales d’offrir une quelconque forme de bouée de sauvetage à l’Iran ferait lui-même face à de terribles répercussions économiques, sans que la menace ne désigne aucun pays précis.

Trump annonce vouloir mener « l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise contre un pays » et promet une guerre économique jamais vue. Il vise nommément six circuits censés permettre à Téhéran de contourner la pression internationale :

  1. la contrebande de pétrole
  2. l’échange de devises
  3. les transferts de liquidités
  4. les bureaux de change
  5. les registres de navires
  6. les sociétés écrans

« Tout cela doit cesser MAINTENANT », écrit-il, ajoutant que l’Iran n’a pas su saisir la grande opportunité de parvenir à un accord. Aucun détail n’est donné sur la nature des sanctions envisagées.

Cette sortie fait écho à celle du secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, qui avait déjà menacé Téhéran, la semaine précédente, d’un isolement économique comme le monde n’en a jamais vu. Sur le terrain militaire, Trump privilégie désormais une posture plus attentiste, dans un contexte où le conflit reste impopulaire aux États-Unis et où les réserves de munitions commenceraient à s’épuiser, selon certains médias américains.

Cette mise en garde intervient après près de six mois de guerre, les hostilités ayant nettement diminué depuis les frappes israélo-américaines et les répliques iraniennes des premières semaines.

Le baril reste au-dessus de 90 dollars

Jeudi 20 août, les cours du pétrole ont encore grimpé. La rupture des discussions entre Washington et Téhéran fait craindre une perturbation prolongée des flux dans le Golfe. Le Brent, pour livraison en octobre, a clôturé à 91,62 dollars, en hausse de 0,66 %, tandis que le WTI, pour livraison en septembre, a progressé de 1,05 % à 85,83 dollars.

Andy Lipow, de Lipow Oil Associates, explique que les cours sont soutenus par l’incapacité des deux pays à s’accorder sur la réouverture du détroit d’Ormuz. Trump a assuré mardi 18 août que ce passage stratégique était « ouvert et fonctionnel », quand Téhéran affirme au contraire que son verrou tient toujours. Selon Lipow, il reste difficile de savoir avec précision quelle quantité de pétrole y transite réellement, une incertitude qui nourrit la nervosité des marchés.

Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank, relève un autre phénomène : l’écart entre le Brent et le diesel a atteint des niveaux records. Les producteurs du Moyen-Orient exportent à la fois du brut et des produits raffinés, tandis que les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes ont perturbé une autre source majeure d’approvisionnement mondial en diesel.

Aucune discussion en cours avec Téhéran

Les négociations diplomatiques sont au point mort. Trump a déclaré mardi 18 août qu’aucune conversation n’avait lieu ni n’était programmée avec la République islamique d’Iran. Une source américaine a indiqué à l’AFP que les échanges avaient été suspendus, le président ayant demandé à ses équipes de ne pas reprendre le dialogue tant que Téhéran ne se rapprocherait pas des positions américaines. L’Iran, de son côté, n’a guère envoyé de signaux en ce sens.

En visite à Bagdad mercredi 19 août, le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a dénoncé l’ingérence étrangère et appelé au renforcement régional, alors que Washington presse l’Irak de désarmer des factions armées soutenues par Téhéran. Il a répété que le détroit d’Ormuz ne serait pas rouvert tant que les États-Unis n’auraient pas rempli leurs engagements pris dans le protocole d’accord signé en juin 2026, balayé par la reprise des hostilités en juillet.

L’Iran et Oman, riverains du détroit, discutent depuis plusieurs semaines de la gestion future de ce passage. Téhéran veut imposer des frais de navigation aux navires en transit et prend pour cible ceux qui tentent de le franchir sans autorisation, une exigence que Washington et plusieurs pays de la région refusent fermement.

Mardi 18 août, les Émirats arabes unis ont accusé l’Iran d’avoir tiré deux missiles balistiques visant la navigation maritime, tombés en mer. Téhéran dément. La diplomatie émiratie a annoncé la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de « tous les échanges commerciaux et les transactions financières » avec l’Iran, longtemps un partenaire commercial majeur pour un pays confronté aux sanctions américaines.

Le général Ali Abdollahi, chef des forces armées iraniennes, a répondu aux pays du Golfe sans détour. Cité par l’agence Mehr, il a affirmé que « toute assistance ou facilité apportée à l’armée agresseuse américaine équivaut à une participation aux opérations militaires américaines ».

Le conflit avait débuté le 28 février 2026 par une attaque américano-israélienne contre l’Iran, suivie de représailles iraniennes contre des pays voisins alliés de Washington et d’un verrouillage du détroit d’Ormuz. Les États-Unis avaient répliqué par un blocus des ports iraniens.

Laisser un commentaire

Share to...