Ce classement des réserves d’or mondiales surprend tout le monde : la France et ses 2497 tonnes devancent des géants économiques

86 tonnes d’or déplacées vers Londres, la France avant elle. Coïncidence ou signal discret envoyé aux marchés ? Les banques centrales préparent-elles un scénario que personne n’ose nommer tout haut ?

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Ce classement des réserves d'or mondiales surprend tout le monde : la France et ses 2497 tonnes devancent des géants économiques
Ce classement des réserves d’or mondiales surprend tout le monde : la France et ses 2497 tonnes devancent des géants économiques © journaldeleconomie.fr

La banque centrale néerlandaise (DNB) a annoncé mercredi avoir transféré 86 tonnes de ses réserves d’or des États-Unis et du Canada vers Londres. Elle invoque l’instabilité géopolitique croissante pour justifier cette opération, qui vise à pouvoir mobiliser l’or plus rapidement en cas de crise.

Dans un communiqué, le président de la DNB Olaf Sleijpen a expliqué : « Grâce à cette mesure, nous avons amélioré la disponibilité de nos réserves d’or. Nous partons du principe que nous n’aurons jamais à y recourir, mais il est néanmoins nécessaire de renforcer notre résilience et notre préparation. »

Selon la DNB, l’or est plus facilement négociable depuis Londres que depuis New York et Ottawa. Les Pays-Bas détiennent au total 612,4 tonnes d’or, évaluées à 72,2 milliards d’euros fin 2025. Avant l’opération, cette réserve se répartissait à :

  1. 31,3 % à New York,
  2. 19,7 % à Ottawa
  3. 18,1 % à Londres.

Elle est désormais répartie à :

  1. 18,5 % aux États-Unis,
  2. 18,5 % au Canada
  3. 32,1 % à Londres,

la part conservée aux Pays-Bas restant inchangée à 30,8 %.

Le transfert a combiné achats, ventes et transport physique. Plus de 27 tonnes de lingots ont ainsi voyagé des États-Unis et du Canada vers Zeist, aux Pays-Bas, avant de repartir vers Londres, ce qui a permis d’éviter la fonte des lingots. Cette méthode, précise la DNB, a permis de répartir les risques liés au déplacement physique d’une grande quantité d’or.

Une manœuvre déjà réalisée par la Banque de France

La Banque de France a procédé à une opération comparable entre juillet 2025 et janvier 2026, en retirant l’équivalent de 129 tonnes d’or, environ 5 % de ses réserves, jusqu’alors conservées dans les coffres de la Réserve fédérale de New York.

Contrairement aux Pays-Bas, les lingots français n’ont pas voyagé physiquement. Ils ont été vendus aux États-Unis, puis remplacés par une quantité équivalente de lingots achetés en Europe et désormais stockés à Paris. Ces nouveaux lingots respectent les standards internationaux actuels, ce qui facilite leur négociation sur les marchés. Le volume total des réserves françaises est resté inchangé, autour de 2 437 tonnes.

La Banque de France a assuré que cette opération était purement technique et ne constituait pas un geste de défiance envers les États-Unis. Réalisée alors que le cours de l’or atteignait des niveaux très élevés, elle a dégagé une plus-value comptable exceptionnelle de 12,8 milliards d’euros.

La France, 4e réserve mondiale, n’a plus vendu d’or depuis 2009

Avec 2 437 tonnes, la France occupe le quatrième rang mondial des réserves d’or, derrière les États-Unis (8 133 tonnes), selon un état des lieux récent du World Gold Council. L’or représente 79,9 % de ses réserves de change, contre 82,4 % pour les États-Unis. Plus de 90 % de ce trésor est conservé à Paris, dans les coffres de la Banque de France, un site souterrain baptisé « La Souterraine ».

Ce stock résulte d’un choix politique amorcé sous le général de Gaulle dans les années 1960, qui exigeait la conversion des dollars américains en lingots physiques rapatriés par bateau. Entre 2004 et 2009, la France avait cédé 589 tonnes d’or, environ un cinquième de ses réserves, au plus bas des cours historiques. Cette vente reste critiquée pour le manque à gagner financier qu’elle a occasionné. Aucun lingot n’a été vendu depuis.

L’idée de liquider une partie de cet or pour alléger la dette publique revient parfois dans le débat, mais la Banque de France et la Banque centrale européenne l’écartent fermement : une telle vente enverrait, selon elles, un signal de détresse financière aux marchés, pour un effet marginal sur les créances nationales.

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