Le revenu médian des foyers américains, corrigé de l’inflation, a progressé de 2,6 % en 2025 pour atteindre 87 460 dollars, soit environ 7 290 dollars par mois, rapporte BFMTV. C’est le niveau le plus élevé enregistré depuis le début de cette série statistique, en 1967, selon le Bureau américain du recensement.
En 2024, ce même revenu médian s’élevait à sans progression significative par rapport à 2019. Le chiffre de 2025 dépasse donc le précédent record d’avant la pandémie. Durant la première année du second mandat de Donald Trump, le taux de chômage est resté proche de 4 %, un niveau historiquement bas qui a permis aux salaires de continuer à grimper, dans la continuité d’une dynamique amorcée sous l’administration Biden.
Le revenu disponible après impôts et crédits fiscaux a lui aussi augmenté, de 3,1 %, pour atteindre dollars. Il reste toutefois inférieur aux niveaux de 2020 et 2021, quand les ménages bénéficiaient encore des chèques de relance liés au Covid-19.
Les inégalités continuent de se creuser
Tous les ménages n’ont pas profité de la même manière de cette embellie. Le revenu des 10 % de foyers les plus favorisés a progressé de 1,7 % en 2025, tandis que celui des 10 % les plus pauvres n’a connu aucune évolution statistiquement significative. L’indice de Gini, qui mesure les inégalités, reste globalement stable sur un an.
Sur longue période en revanche, l’écart s’est nettement creusé : les revenus du haut de la distribution sont désormais 13 fois supérieurs à ceux du bas, contre un rapport de 9,2 en 1967. Selon les catégories raciales déclarées dans les statistiques officielles américaines, le revenu médian a augmenté de 3 % pour les ménages blancs et de 4,8 % pour les ménages noirs, sans progression notable pour les foyers asiatiques et hispaniques.
La pauvreté au plus bas depuis 1959
Le taux de pauvreté officiel est tombé à 10,2 % en 2025, en recul de 0,5 point. C’est son niveau le plus faible depuis le début de la série du Census Bureau, en 1959. Cela représente encore 34,5 millions d’Américains vivant sous un seuil fixé en moyenne à dollars par an pour une famille de quatre personnes.
La pauvreté des enfants a atteint un plus bas historique de 13,4 %, et celle de la population hispanique a reculé à 13,9 %. La Sécurité sociale américaine reste, de loin, le principal rempart contre la pauvreté : sans ses prestations, 28,8 millions de personnes supplémentaires basculeraient sous le seuil, selon le rapport officiel du Census Bureau.
Un indicateur plus large, la mesure supplémentaire de pauvreté, qui intègre impôts, aides publiques et différences locales de loyers, donne un tableau moins flatteur : 13,1 % de la population reste concernée, un chiffre pratiquement inchangé en un an et nettement supérieur au taux officiel.
Fin 2025, une maison neuve se vendait au prix médian de dollars, contre environ dollars fin 2020. Le taux moyen d’un crédit immobilier sur 30 ans est passé d’environ 3 % en 2021 à près de 6,5 % en 2025.
Résultat, selon une simulation basée sur les données du Census Bureau et de Freddie Mac : l’achat d’une maison neuve au prix médian, avec 20 % d’apport, représentait une mensualité d’environ dollars fin 2020. Pour une acquisition comparable fin 2025, la mensualité dépassait dollars, hors assurance et taxes, soit près de 900 dollars de plus chaque mois.
En 2025, 26,7 millions d’Américains, soit 7,9 % de la population, n’ont disposé d’aucune assurance santé pendant toute l’année. L’assurance fournie par l’employeur reste la plus répandue, avec 53,5 % de la population couverte. Medicare, destiné principalement aux plus de 65 ans, en couvre 20,1 %, tandis que la part de Medicaid, réservé aux ménages modestes, a reculé à 17,1 %.
Ces chiffres surviennent à l’approche des élections de mi-mandat. Dans un billet publié le 17 septembre 2026 sur Insolentiae.com, Charles Sannat en tire une lecture tranchée : du point de vue des Américains, la politique économique de Donald Trump n’est pas mauvaise, puisque les Américains n’ont jamais été aussi riches et que le taux de pauvreté n’a jamais été aussi bas. Il précise ne pas juger si cette politique profite aux non-Américains.
L’auteur compare le revenu médian mensuel américain, 7 290 dollars, à celui d’un ménage français qu’il évalue, de son côté, à 2 750 euros. Il critique ce qu’il présente comme des discours favorables au modèle social français, salaires différés, retraites qu’il juge non finançables, hôpitaux qu’il décrit comme surchargés, et invite à comparer plutôt la France au Danemark, à la Suède, à la Suisse et à la Norvège.
Il attribue le déclin qu’il évoque à un égalitarisme rendant, selon lui, les citoyens égaux dans la misère. Il cite à ce propos John F. Kennedy, selon lequel à vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes.



