Selon Nona, professeure espagnole spécialisée en intelligence artificielle citée par L’Internaute, chaque fois qu’on rejette un appel, on confirme que son numéro est actif, ce qui pousse les démarcheurs à continuer, affirme-t-elle dans une série de publications sur le réseau social X très remarquées. Son message contredit un réflexe partagé par beaucoup de personnes excédées : raccrocher ou rejeter un appel d’un numéro inconnu ne met pas fin au démarchage, il l’alimente.
Le mécanisme qu’elle décrit tient aux systèmes utilisés par les centres d’appels. Des logiciels de numérotation automatique testent des milliers de lignes par minute. Leur but n’est pas de convaincre l’interlocuteur dès le premier contact, mais de savoir si quelqu’un se trouve réellement derrière le numéro composé.
Chaque tentative, qu’elle sonne dans le vide, tombe sur une ligne occupée, soit rejetée ou décrochée, est enregistrée et alimente des modèles d’intelligence artificielle qui attribuent à chaque ligne un score de réactivité. Plus un numéro génère d’interactions, plus il remonte dans la file des prochains appels ciblés.
Même appuyer sur une touche pour se désabonner renseigne le système, prévient Nona : « chaque interaction apprend à leur IA que vous êtes une cible active ».
Laisser sonner plutôt que décrocher
D’où une consigne à contre-courant des habitudes : ne jamais répondre aux numéros inconnus, ne jamais appuyer sur les touches proposées, ne jamais rappeler. « Laissez sonner dans le vide », résume-t-elle. L’absence totale de réaction, selon elle, signale au système qu’aucune personne n’est disponible, et rend la ligne moins intéressante à solliciter.
Les résultats annoncés sont rapides. Une baisse de 40 % à 50 % des appels indésirables dès la première semaine d’application stricte de la méthode, puis une quasi-disparition des numéros inconnus dès la deuxième semaine. Un ou deux appels peuvent encore survenir au bout de quatre semaines, avant un silence total garanti au terme de trois mois.
En complément, les smartphones proposent des filtrages natifs. Sur iPhone, l’option se trouve dans Réglages, puis Apps, puis Téléphone, sous l’intitulé Filtrer les correspondants inconnus, qui permet de masquer les numéros non identifiés ou d’exiger un motif d’appel avant de décrocher.
Sur Android, le menu se niche dans l’application Téléphone, sous « ID Appel entrant et Protection Spam ». Des applications comme Truecaller, Hiya, RoboKiller ou Orange Téléphone peuvent filtrer automatiquement une grande partie des sollicitations, en particulier pour les personnes les plus exposées.
Un cadre légal qui ne couvre pas les arnaques internationales
En France, la donne a changé depuis la loi du 30 juin 2025, entrée en vigueur le 11 août 2026 : un professionnel ne peut désormais plus démarcher par téléphone sans l’accord explicite préalable de la personne appelée. Le fichier Bloctel, qui servait jusque-là de liste rouge, a été supprimé le même jour, l’absence de consentement suffisant désormais à lui seul à caractériser l’infraction. Les sanctions peuvent atteindre 75 000 euros pour une personne physique et 375 000 euros pour une entreprise.
Les recours existent : signalement via SignalConso pour les pratiques abusives, transfert des SMS et appels indésirables au 33 700, plainte auprès de la Cnil en cas d’usage non autorisé de données personnelles. Mais ce cadre encadre surtout les acteurs déclarés.
Il ne protège pas contre les arnaques venues de l’étranger ni contre les numéros usurpés, pour lesquels la méthode décrite par Nona reste la référence : interaction minimale, filtrage maximal, et un téléphone qu’on laisse sonner sans y toucher.





