Journal de l'économie

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Des retraites sous-indexées et un recul de l'âge du départ pour rééquilibrer le système ?





Le 23 Décembre 2020, par Olivier Sancerre

Le comité de suivi des retraites a livré au Premier ministre ses propositions pour rééquilibrer les finances du système des pensions français. La potion est amère.


Retraites : les déficits plongent

Avant le second confinement du mois de novembre, le Conseil d’orientation des retraites (COR) avait fixé à 2045 la sortie des déficits du système des retraites. Mais déjà, les hypothèses prises en compte paraissaient irréalistes, en particulier le gain de productivité annuelle à +1,8 %. Même avec une hausse, déjà généreuse, de productivité de +1,5 % par an, le retour à l'équilibre serait repoussé à 2053. Et en-deçà, le système des pensions français resterait « durablement » en besoin de financement jusqu'en 2070, selon les prévisions du COR.

Le comité de suivi des retraites, qui remet chaque année ses propositions au Premier ministre, a souligné que la stratégie de l'endettement n'était pas soutenable sur le long terme. Et qu'il faudra bien, à un moment ou à un autre, s'atteler au rééquilibrage d'un système qui a été très sollicité durant la crise sanitaire. Une épidémie qui a d'ailleurs gelé sur place la réforme des retraites portée par Emmanuel Macron. Et la perspective de l'élection présidentielle en 2022 rend peu probable le retour du dossier d'ici là.

Potion amère pour relever ce déficit

La première piste évoquée par le comité des retraites pour sortir de l'ornière est la sous-indexation des pensions. Une mesure qui peut se justifier « s’il apparaît que la crise aura conduit à améliorer plus que très ponctuellement le niveau de vie relatif des retraités par rapport à ce qu’aurait été son évolution sans crise ». Il s'agit de « viser un partage parallèle des conséquences de la crise entre actifs et retraités », indique le comité.

Le rapport suggère également de repousser l'âge de départ à la retraite : « une marge d’ajustement subsiste sans réduction de la durée espérée de la retraite, sauf évidemment si l’espérance de vie devait ralentir significativement ». Le comité indique néanmoins qu'il n'est pas utile de relever les cotisations. Et il rappelle qu'en la matière, la décision revient au politique. Jean Castex a prudemment expliqué que le gouvernement « prenait note » de ces observations qui nourriront le débat.



Tags : retraites

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