AXA rachète 40 % de FiberPass à Telefónica et Vodafone : une opération à 500 millions qui rebat les cartes de la fibre en Espagne

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AXA rachète 40 % de FiberPass à Telefónica et Vodafone : une opération à 500 millions qui rebat les cartes de la fibre en Espagne © journaldeleconomie.fr

AXA Investment Managers Alts a officialisé l’acquisition de 40 % de FiberPass, la coentreprise de déploiement de fibre FTTH créée par Telefónica España et Vodafone España, pour un montant total de 500 millions d’euros. L’information, révélée par Cinco Días et confirmée par le communiqué officiel de Telefónica, valorise FiberPass à environ 1,5 milliard d’euros, une estimation également reprise par MarketScreener/Reuters ainsi que par DataCenterDynamics. Selon l’accord, Telefónica cède 100 millions d’euros de parts et conserve 55 % du capital, restant ainsi l’actionnaire majoritaire ; Vodafone vend 400 millions et réduit sa participation à 5 %, ce que ses représentants présentent comme une opération de désinvestissement stratégique ciblé.

FiberPass est une infrastructure clé dans le paysage télécom espagnol, destinée à étendre la couverture FTTH dans les zones urbaines et périurbaines. Son modèle repose sur une approche de « neutral host » permettant à plusieurs opérateurs d’utiliser le réseau. Les sources convergent : l’entrée d’AXA vise à injecter du capital pour accélérer le déploiement technique, stabiliser le financement long terme et garantir une montée en capacité compatible avec l’explosion des usages numériques — télétravail, streaming, cloud résidentiel, connectivité industrielle. AXA IM Alts affirme dans son communiqué que la fibre optique constitue l’un des « actifs d’infrastructure les plus critiques des prochaines décennies », estimant que le marché mondial pourrait atteindre 110 milliards de dollars d’ici 2030. Pour Telefónica, cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de monétisation de ses infrastructures, un axe déjà visible dans ses précédentes cessions partielles de tours télécoms et de réseaux. L’objectif : alléger le poids capitalistique des infrastructures tout en conservant le contrôle opérationnel. Cinco Días souligne que cette approche permet à l’opérateur de dégager des liquidités sans perdre la main sur un actif stratégique. Pour Vodafone, le désengagement massif — passer de 45 % à 5 % — relève d’une politique de recentrage sur les segments les plus rentables et d’une réduction de son exposition espagnole, confirmée par plusieurs analyses citées dans Reuters. L’arrivée d’un acteur financier comme AXA transforme la gouvernance de FiberPass. Selon DataCenterDynamics, cette présence pourrait favoriser de futurs partenariats institutionnels mais pose aussi la question de la dépendance des réseaux critiques à des investisseurs non-opérationnels. Le régulateur espagnol, la CNMC, suivra de près les implications concurrentielles, même si le contrôle majoritaire reste entre les mains de Telefónica. Les analystes interrogés par Reutersestiment que cette hybridation entre télécoms et capital-investissement représente une tendance structurelle en Europe, où les opérateurs cherchent à sortir de la logique du « tout financement sur fonds propres » dans un secteur à forte intensité capitalistique.

En définitive, l’opération acte une reconfiguration profonde du paysage télécom espagnol : un opérateur historique qui consolide son contrôle, un concurrent britannique qui se retire presque totalement, et un géant de l’investissement qui s’impose comme copropriétaire d’un morceau essentiel de la fibre espagnole. Pour les autorités comme pour le marché, FiberPass devient un test grandeur nature : celui d’un modèle où infrastructures stratégiques et capitaux institutionnels entrent dans une nouvelle forme de cohabitation.

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