À partir du 1er juin 2025, France Travail généralise une nouvelle organisation du contrôle du chômage. Plus modulable, le dispositif vise une rationalisation du suivi et une efficacité accrue dans le traitement des situations individuelles.
Chômage : des règles assouplies mais un suivi intensifié
Les conditions de suivi des personnes en situation de chômage évoluent. Dès le 1er juin 2025, France Travail n’appliquera plus automatiquement de radiation en cas d’absence à une convocation. L’évaluation sera désormais fondée sur l’examen global de la situation du demandeur d’emploi, notamment ses preuves de recherche active. Cette règle remplace une logique standardisée par une appréciation plus individualisée.
En parallèle, une nouvelle sanction intermédiaire est mise en place : la suspension-remobilisation. Celle-ci permet de réduire temporairement l’indemnisation sans procéder à une radiation immédiate. Si le demandeur d’emploi reprend ses démarches, le versement peut être rétabli. L’objectif est d’introduire une réponse plus progressive aux manquements, tout en maintenant un cadre incitatif pour le retour à l’emploi. Objectif pour France Travail : abaisser le chômage à 5 % d’ici à 2027, contre 7,4 % au premier trimestre de 2025 (Insee).
Des moyens stabilisés pour des objectifs ciblés
France Travail conserve une base de 600 agents spécialisés dans le contrôle. Ces personnels, déjà en poste, bénéficient d’une autonomie élargie. Ils pourront en effet instruire les dossiers sans rencontre systématique avec le demandeur, si les justificatifs sont jugés suffisants. Un nouveau fonctionnement qui vise un traitement plus rapide, et surtout ciblé des situations. Ce dispositif a été testé dès juillet 2024 dans huit régions. Selon France Travail, ces expérimentations ont entraîné une réduction de 21 % des délais de traitement.
Derrière cette performance opérationnelle, l’opérateur se donne pour objectif d’effectuer 1,5 million de contrôles annuels d’ici 2027. Si la réforme se présente comme une simplification, elle induit en réalité une orientation stratégique : concentrer les efforts sur les profils insérés dans les secteurs dits en tension, c’est-à-dire les métiers où les besoins de recrutement sont importants. Ces publics sont identifiés comme prioritaires car considérés comme ayant les perspectives de retour à l’emploi les plus immédiates.


